L'organisation agricole italienne Coldiretti est partie en croisade contre les infiltrations mafieuses dans l'agroalimentaire, qui coûte au secteur des milliards d'euros. Elle lance un « Observatoire » de la criminalité.
«L'AGRICULTURE et le secteur agroalimentaire sont désormais devenus la priorité de la criminalité organisée qui y investit et blanchit son argent », a expliqué le 19 mars, lors d'une conférence à Rome, le président de la Coldiretti (Confédération nationale des exploitants agricoles), Roberto Moncalvo. L'organisation professionnelle estime à environ 14 milliards € la part du racket de la mafia au détriment d'entreprises du secteur en 2013, un chiffre en augmentation de 12 % par rapport à 2012. Selon l'unité policière spécialisée basée à Rome, environ 15 % du chiffre d'affaires de l'agroalimentaire national sont d'origine mafieuse.
La sécurité et la qualité des produits compromisesPour parvenir à leurs fins, les hommes de main de la mafia – Camorra à Naples, 'Ndrangheta en Calabre, Cosa Nostra en Sicile – volent et menacent afin d'obtenir le monopole sur tel ou tel produit, forcent les agriculteurs à leur vendre leur production à prix cassés puis obligent les négociants à leur acheter au prix fort. Toutes ces opérations, ces trafics, sur les aliments compromettent la sécurité et la qualité alimentaires des produits nationaux, notamment celles d'appellations d'origine protégée (parmesan, vinaigre balsamique, jambon de Parme etc.), s'inquiète la Coldiretti. Pour contrer ces attaques, l'organisation agricole a lancé un Observatoire « sur la criminalité dans l'agriculture et le secteur agroalimentaire », qui doit permettre notamment d'améliorer les instruments servant à garantir plus de sécurité alimentaire, et d'aider la police dans son travail d'enquête sur la contrebande et les infiltrations mafieuses.
(1) Voir n° 3434 du 10/02/14
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LES autorités italiennes étaient dans l'embarras, le 24 mars, après l'arrestation de plusieurs hauts responsables dans une affaire d'appels d'offres truqués, destinés au méga-chantier de l'Exposition universelle de Milan, qui doit se tenir du 1er mai au 31 octobre 2015 sur le thème « Nourrir la planète, de l'énergie pour la vie » (1).
Un sommet pour « sauver l'Expo » s'est réuni dans la capitale économique du pays après l'arrestation, le 20 mars, de huit personnes soupçonnées d'escroquerie, d'appels d'offres truqués et de faux, dont le directeur général de la société publique Infrastrutture Lombarde, Antonio Giulio Rognoni. Cette société, détenue à 100 % par la Région Lombardie, collabore notamment de près aux grands travaux en vue de l'Exposition. Un nouveau dirigeant, Diego Riccardo Robuschi, a été nommé en remplacement d'Alberto Porro, directeur des travaux du site Expo, qui fait également l'objet d'une enquête et a dû quitter son poste. A ce stade, 145 pays ont annoncé leur participation à Milan-2015.