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Un ouvrage propose cent raisons d’espérer pour la ferme France

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Alors que les agriculteurs broient du noir, un président de coop et un agronome dressent une liste des raisons d’espérer pour la ferme France, et propose des solutions pour, non plus partager la valeur, mais en recréer à nouveau.

Dans leur ouvrage résolument positif Les agriculteurs à la reconquête du monde, présenté le 18 février à Paris, Maximilien Rouer, agronome, ex-président du cabinet de conseil Be Citizen, et Hubert Garaud, président de la coopérative Terrena, ont présenté « 100 raisons d’espérer » pour les agriculteurs français (dont ils n’exposent qu’une partie dans l’ouvrage), et une stratégie pour faire passer le chiffre d’affaires de la ferme France de 74 à 110 Mrd€ d’ici 2025. Parmi les raisons d’espérer : la France est la plus grande réserve d’eau de l’Union européenne, elle possède 450 terroirs, des exportations stables, un réseau de semences paysannes, une institution de défense des semences, des majors agro-industrielles, des grandes marques, une banque née de l’agriculture, des entreprises mondialement connues dans la gestion de l’eau, des agriculteurs de très haut niveau technique… Se plaçant volontairement à contre-courant de la pensée la plus répandue, ils estiment que les ONG et la grande distribution françaises sont une chance pour les agriculteurs. « Il y a 10 000 magasins en France, mais aussi 10 000 magasins sous pavillon français à l’étranger, explique Maximilien Rouer. Si on pouvait aligner les intérêts, nous aurions des VRP extraordinaires ». Les ONG, quant à elles, « sont aux avant-postes du changement, elles nous apportent en avance les premiers signes des mouvements à venir dans la société ».

Une « triple révolution des consciences »

Après « les constats défaitistes » qui fleurissent actuellement, les deux auteurs souhaitent passer à l’étape qui suit : reconstruire, « mettre en place un nouveau regard ». « Il ne faut plus se poser la question de partager la valeur, mais de la créer », estime Hubert Garaud. Ce changement passe par une « triple révolution des consciences », estiment-ils : « Changer la relation au consommateur, changer les conditions de production et rééquilibrer la relation agriculteurs, transformateurs et distributeurs ». Pour ce faire, ils mettent en avant de nombreuses solutions existantes (voir encadré), et en proposent quelques nouvelles : par exemple, ils proposent, pour rapprocher le consommateur et l’agriculteur, de mettre des centaines de webcams en fonctionnement dans les élevages français. « Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux ne sont pas représentatives. Les éleveurs n’ont rien à cacher », estime Maximilien Rouer. Les deux auteurs sont aussi particulièrement inspirés par la démarche Origin Green mise en place en Irlande : « Vous pensez que l’on peut avoir une stratégie agricole en France, comme celle des Irlandais ? », s’interroge Hubert Garraud. Et de lancer : « Les agriculteurs sont dans le changement, il faut qu’on leur redonne de l’espoir ! »

Les solutions mises en avant:

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Dans leur ouvrage, les auteurs mettent en avant des solutions déjà mises en œuvre en France et dans le monde, comme autant de démarches dont les filières agricoles devraient s’inspirer :

Des solutions agricoles : l’association d’espèces de couverts végétaux, le kit de maraîchage en permaculture par Fermes d’avenir, les associations d’espèces en culture, une application de mesure du bien-être animal, Oz, le robot maraîcher par Naïo, l’ajout de lin à la ration des vaches laitières, la filière soja français non OGM par Alicoop, Avril et Carrefour et « le bon produit à la bonne dose, au bon endroit, au bon moment ».

Des solutions «consommateur» : la démarche#venezvérifier de Fleury Michon, l’AOC Comté, le contrat tripartite U-LSDH-Biolait, Respect’In de Vivescia pour du blé durable, le biscuit Lu Harmony par Mondelez, l’IGP Jambon de Bayonne, les filières Qualité Carrefour, Fleur de colza par Lesieur, contrats filières agroécologique, le contrat tripartite U, Terrena, abattoir du porc Nouvelle agriculture, le yaourt Chobani aux Etats-Unis et Origin Green.

Les deux solutions «territoires» : Güssing inverse l’exode rural en valorisant la biomasse et Arz inverse l’exode rural