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Réduction des phytosanitaires Un panel de propositions sur le bureau de Michel Barnier

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Le rapport final du comité opérationnel Ecophyto 2018, bouclé le 22 mai, propose un plan d’action de réduction des usages de pesticides. Piloté par Guy Paillotin, le rapport propose sept axes de travail, parmi lesquels la mise en place d’indicateurs de suivi de l’intensité de l’usage des pesticides. Remis à Michel Barnier, ce rapport doit servir de base de travail au plan gouvernemental qui sera présenté à Nicolas Sarkozy lors de la première quinzaine de juillet.

Mesurer les progrès : tel est l’objectif du dispositif de suivi préconisé en matière de réduction de l’utilisation des pesticides (axe 1). Un calendrier est d’ores et déjà proposé avec la création d’une base de données nationale des ventes, courant 2009, et la mise en place d’une batterie d’indicateurs d’ici 2012. Ce dispositif de suivi utilisera en particulier un indicateur (NODU) fondé sur le nombre de doses utilisées (quantité de substances vendues divisées par une dose unité de substance active), qui permet de suivre les évolutions d’usage des pesticides. Il servira d’indicateur de référence pour le suivi du plan. Le suivi sera affiné par type de cultures, et à ce titre, l’indicateur de fréquence de traitement (IFT) pourra être utilisé. Une batterie d’indicateurs macro-économiques devont compléter le dispostif.

Un réseau de 3000 fermes de démonstration

Comme il n’y a pas de temps à perdre, le plan d’action Ecophyto entend généraliser dans l’immédiat les meilleures pratiques agricoles économes en pesticides (axe 2). Première tâche, pour y parvenir : identifier et caractériser d’ici fin 2009 les itinéraires techniques mobilisables et mettre en place une plate-forme d’expérimentation, de démonstration et de référence. Objectif : la création d’un réseau de 3000 fermes de démonstration fin 2010. La mise à disposition de semences permettant la conduite de systèmes de culture économes en pesticides devra être favorisée, tout comme la mise sur le marché des produits alternatifs (biocontrôle) devra être facilitée. Autres suggestions : améliorer le parc de matériel agricole et développer des solutions alternatives au traitement aérien.

Au centre de cette révolution agronomique, se trouve l’agriculteur. Celui-ci ne pourra pleinement adhérer à la démarche que s’il se voit proposer des systèmes de production alternatifs viables (axe 3). Pour ce faire, le plan d’action proposé à Michel Barnier a un mot d’ordre : la recherche. Celle-ci devra en particulier redonner une priorité aux approches agro-écologiques, à la protection intégrée, à la sélection variétale.

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La formation et la sécurisation de l’utilisation des pesticides est une autre condition nécessaire pour faire adhérer le plus largement à ces démarches (axe 4). Cela passe en premier lieu par le renforcement de la qualification des professionnels distributeurs, conseillers et utilisateurs. Les diplômes devront être rénovés en conséquence, en partenariat avec les établissements d’enseignement et de formation. Quant aux métiers de la distribution et du conseil, ils devront se « professionnaliser ».

Le plan Ecophyto s’appuie également sur le renforcement des réseaux de surveillance des bioagresseurs et des effets indésirables de l’utilisation des pesticides (axe 5). ll s’agit de mettre en place un système d’information public et mutualisé entre les différents acteurs.

L’enjeu de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires dépassant la sphère agricole, un axe du plan d’action est spécifiquement consacré aux enjeux de sécurisation et de raisonnement des pratiques en zone non-agricole (axe 7) : amélioration de la qualification des applicateurs professionnels, sécurisation de l’utilisation des pesticides par les amateurs… Enfin, du fait de la situation spécifique des départements d’outre-mer en matière de risque phytosanitaire, un axe du plan leur est dédié (axe 6).