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Culture biologique Un phénomène mondial, selon une étude

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Le marché de l’agriculture biologique, qui est encore très marginal, se développe un peu partout dans le monde, selon une étude de l’Inra. Les consommateurs européens dans leur majorité apprécient. Cependant, les freins au développement sont nombreux.

Trente milliards de dollars en 2005, moins de 1% du marché mondial, tel est le chiffre d’affaires des produits biologiques selon une étude de Sylvie Bonny, de l’Inra Grignon. Premier marché : l’Europe avec 13,7 Mds de dollars de chiffre d’affaires en 2004 soit 49% du total. Elle se place devant l’Amérique du Nord avec 13 Mds de dollars en 2004 soit 47% du total, l’Asie (750 M de dollars) et l’Océanie (250 M de dollars). Les achats de produits bio ne représentent qu’une faible part des dépenses alimentaires (de 0,5% au Japon et au Canada à 3,7% en Suisse). Cependant, ce marché est en développement dans tous les pays du monde : de 15% à 20% par an entre 2003 et 2005 en Europe (tiré notamment par le Royaume-Uni et la Suède) et de 10% à 20% aux Etats-Unis.

Le Mexique : premier pays en nombre d’agriculteurs

Les surfaces cultivées en bio augmentent un peu partout dans le monde mais de manière inégale. Elles sont évaluées à 31 Mha en 2006, avec un développement notable en Australie (12,1 Mha) mais faible aux Etats-Unis et en Afrique. Cependant, tous les pays s’essayent à cette culture, même la Chine qui compte 3,467 Mha et l’Argentine qui affiche 2,8 Mha. En nombre d’exploitations, le premier pays est le Mexique (120 000 exploitations), suivi de l’Indonésie (45 000), de l’Italie (36 600), des Philippines (35 000) et de l’Ouganda (33 900). Ce qui fait dire à l’étude que le développement de l’agriculture biologique est un phénomène mondial.

Dans l’Union européenne à 25 plus les 4 pays candidats, la surface en conversion ou en bio atteignait 6,4 Mha en 2004 (derniers chiffres connus) cultivés par 181 900 exploitants. Ces exploitations ont souvent dans l’UE une surface moyenne supérieure à celle de l’ensemble des exploitations.

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Principales motivations : santé et sécurité des aliments

Le « succès actuel » des produits biologiques auprès des consommateurs s’explique, selon des recherches européennes, par des « considérations de santé et de sécurité des aliments, des motivations liées à un souci de préserver la nature ou encore le goût des produits, le bien-être animal, l’absence d’OGM, l’origine régionale des produits, une image positive liée à divers facteurs (commerce équitable…) », précise l’étude. A contrario, l’absence d’achat de ces produits s’explique par leur cherté (40% des réponses), le manque de disponibilité (17%) et le doute sur les caractéristiques affichées (14%).

L’étude conclut sur les perspectives d’avenir de l’agriculture biologique notamment en Europe. Selon elle, certains freins pourraient à court terme, voire à moyen terme, freiner son devéloppement malgré la demande. Parmi eux : la concurrence entre producteurs à l’échelle mondiale, l’inégalité des soutiens entre pays, un plus grand besoin en terres et en travail, l’existence de certains risques, les divergences entre courants, « voire même l’investissement croissant de la grande distribution ».