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Annonces Un plan bio pour atteindre 8 % des surfaces

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Le 31 mai, le ministre de l’Agriculture devait détailler les grandes lignes du futur plan « Ambition bio 2017 ». Cette première feuille de route contient des mesures concrètes.

Des orientations générales, mais aussi des objectifs clairs et des moyens chiffrés. Voilà ce que contient le futur plan de développement de l’Agriculture biologique que le ministre de l’Agriculture devait dévoiler le 31 mai. Comme promis à plusieurs reprises par le ministre, ce plan, rebaptisé « Ambition bio 2017 », ne se concentre pas uniquement sur les moyens de développer les surfaces en bio, mais se veut plus transversal. Il est donc découpé en six axes : développer la production, structurer les filières, développer la consommation et conquérir des marchés, renforcer la recherche, son pilotage et la diffusion des résultats, former les acteurs et adapter la réglementation.

Revoir le système d’aides pour encourager la production

Côté production, l’ambition reste de doubler les surfaces en bio d’ici à 2017. Elles passeraient ainsi à environ 8% de la surface agricole nationale. Pour cela, Stéphane Le Foll envisage de changer le système d’aides et de faire passer les aides à la conversion et au maintien en bio dans le 2e pilier de la Pac. Il « s’engage à ce que 160 millions d’euros par an en moyenne (crédits européens et du ministère) soient apportés sur la période 2014-2020 pour ces financements ». Un système de « progressivité » des futures mesures agro-environnementales sera aussi étudié afin que la rémunération proposée pour l’agriculture bio soit réellement plus avantageuse que celle proposée pour des actions allant moins loin. Le soutien à la production passera aussi par le maintien du crédit d’impôt destiné aux producteurs.

Cibler les zones à enjeu « eau »

Le plan envisage aussi de cibler certains aides (« notamment en s’appuyant sur les agences de l’eau, les syndicats d’eau et les collectivités ») sur les sites à enjeu « qualité de l’eau », « afin d’orienter la production agricole sur ces zones en priorité vers l’agriculture biologique, en complémentarité avec d’autres systèmes agricoles favorables à la qualité de l’eau ». Il s’agira aussi de mobiliser les financements des agences de l’eau sur les MAE, l’accompagnement et l’animation d’actions. En outre, le plan pourrait prévoir des outils pour favoriser l’installation en bio et favoriser l’accès au foncier des producteurs bio. Il prévoit aussi de généraliser des « instances de concertation et de coordination » de la bio à l’échelle régionale. Elles existent déjà aujourd’hui sous la forme de pôles de conversion, rassemblant les acteurs d’amont en aval des filières bio, mais aussi Etat et région.

Donner la priorité à certaines filières

Pour structurer les filières, il est proposé de cibler celles dont les besoins de développement sont les plus importants : grandes cultures dès 2013 et 2014, mais aussi filières oléo-protéagineux, « en lien avec le plan protéines végétales » sont identifiées à l’échelle nationale, mais d’autres filières pourront être soutenues à l’échelon régional. En outre, le fonds Avenir bio sera doté de 4 millions d’euros par an. Le ministère envisage aussi « d’accorder, via la Banque publique d’investissement (BPI France), des prêts à certaines sociétés, dont des coopératives agricoles, pour financer des investissements structurants de stockage, transformation ou commercialisation. » Favoriser la contractualisation et mieux connaître les filières figurent aussi dans cet axe.

Renforcer la recherche et la formation

Axe structurant du plan bio, le ministère souhaite renforcer la recherche et la diffusion des résultats, ce qui passera notamment par le fait de conforter les moyens alloués à ces filières bio dans la programmation du Casdar 2014-2020, et impliquera de « mettre en œuvre une action thématique transversale dédiée à la bio. »
Une attention est aussi accordée à la formation (axe 5) : le ministère souhaite intégrer plus de bio dans les référentiels de formation et renforcer le lien entre l’enseignement agricole et les réseaux de professionnels de la bio, et (ambition déjà affirmée pour l’agro-écologie), y convertir une part plus importante des exploitation des lycées.
Un pilotage du plan bio est prévu (ce n’était pas le cas pour le plan 2007-2012) qui prévoit, à l’échelle nationale, la création d’un comité de pilotage tenu de réaliser le suivi du plan, sur la base d’un tableau de bord. Enfin, l’Agence bio devrait être confortée dans ses missions de communication et d’information, d’animation et d’observatoire de l’agriculture biologique.
Le plan Ambition bio doit encore être précisé et détaillé d’ici à la fin juillet. Il est l’un des piliers du plan agro-écologique que Stéphane Le Foll souhaite établir.

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