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RÉGION/STRATÉGIE Un plan d'action pour Paca

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L'Etat et la Région Paca viennent de conclure deux ans de travail avec tous les acteurs de l'agroalimentaire de la région pour créer une dynamique collective sur un tissu d'entreprise très atomisé. Quelques actions concrètes devraient voir le jour rapidement.

L'agroalimentaire, le deuxième secteur industriel de Paca, souffre d'une grande atomisation qui handicape son développement. L'Etat et la Région ont donc décidé de se mobiliser pour favoriser des actions collectives entre ce millier d'entreprises qui emploient 28 000 personnes qui réalisent 6 à 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires selon la Friaa (Fédération régionale des industries agroalimentaires) et 1,5 milliard d'euros à l'export (source Douanes). Les industriels dénoncent notamment la culture opportuniste de la production qui empêche toute construction de relations durables et le manque de rentabilité engendré par les relations commerciales avec la grande distribution.

Depuis 2013, l'Etat et la Région ont rassemblé ces différents acteurs dans des groupes de travail pour déboucher sur un « plan d'action régional » aujourd'hui dévoilé. Autour de la table, les deux copilotes ont réunit la Friaa, Coop de France, le pôle de compétitivité Terralia, l'Ifria, l'Opcalim, les entités territoriales et régionales des chambres consulaires dont CCI International. « Les différents acteurs sont repartis avec des engagements sur des actions concrètes », explique François Goussé, directeur de la Draaf, un des principaux acteurs du comité stratégique. Ces projets portent sur le développement de la contractualisation entre l'aval et l'amont, la valorisation des compétences humaines par le développement des salariés qualifiés à temps partagé dans les entreprises et le développement des groupements d'employeurs. Le comité stratégique préconise également des actions collectives à l'export, une communication sur l'attractivité des métiers, une amélioration de la connaissance des dispositifs existants auprès des acteurs et une adaptation de l'offre de formation. « Le développement de l'industrie agroalimentaire régionale passera par la création de partenariats durables entre la production et la transformation », soutient Michel Cadot, le préfet de Région. « Malheureusement, il manque toujours la grande distribution autour de la table. Les industriels auront d'autant plus de mal à construire des partenariats avec leurs fournisseurs qu'ils rencontreront des difficultés à en bâtir avec leurs clients », assure Jean-Michel Salon, directeur de la Friaa.

FEUILLES DE ROUTE

Concrètement, pour permettre aux entreprises de partager leurs expériences sur les bonnes pratiques de gestion financière et industrielle, l'Etat et la Région vont construire un répertoire des sociétés. Celles qui se ressemblent seront mises en contact en toute confidentialité pour échanger sur leurs modes de gestion financière et industrielle et pouvoir se situer par rapport aux meilleures pratiques suivant leur taille et leur activité. L'Education nationale et l'Enseignement agricole vont collaborer ensemble pour mieux adapter leur offre de formations régionales aux besoins du secteur. « Nous devons travailler sur la formation et l'animation “d'ambassadeurs métiers” pour faire connaître nos industries, explique Jean-Michel Salon. Nous voulons permettre aux jeunes et aux demandeurs d'emploi de visiter nos entreprises ». L'Etat et la Région veulent aussi soutenir une démarche sur les économies d'énergie dans l'industrie locale. Et le projet prévoit de multiplier les actions collectives à l'export.

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Les deux administrations veulent également développer un guide sous format informatique qui recense toutes les aides et structures en matière d'innovation dans la région. Elles sont nombreuses entre l'Inra, Terralia, le CTCPA, Agroparc, le CRITT IAA… « Nous comptons ainsi développer des liens créateurs de richesses entre tous les acteurs », reprend François Goussé qui prévoit la mise en place d'opération de communication auprès des professionnels. « Cette co-construction, par les services décentralisés de l'État, le conseil régional et les professionnels de l'agroalimentaire est un gage de réussite sous réserve que l'on continue à disposer de moyens de financer ces actions », assure Serge Hinker, président de la Friaa.

« Nous ne partons pas de rien en termes de mutualisation, rappelle Jean-Michel Salon. Liebig et Haribo partagent des solutions logistiques, Gilly et FRDP mutualisent un outil de surgélation, Jean Martin, les Calissons du Roy René et Cepasco mènent ensemble un développement commun à l'export. L'Espace Provence au SIAL reste le plus important pavillon des régions françaises. Nous disposons d'un groupement d'employeurs (Géode) ». La Friaa milite depuis longtemps pour que les industriels régionaux bénéficient d'outils de différenciation et de valorisation comme une marque collective « Provence » qui permettrait la construction de partenariats avec la grande distribution. L'Etat et la Région comptent organiser dans un an une nouvelle réunion-bilan avec les participants du comité.