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Organismes nuisibles Un plan de surveillance coordonné à mettre en place

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Cela n’a pas fait de doute pour les participants au colloque organisé par la FNLON (Fédération nationale de lutte contre les organismes nuisibles) à Paris le 29 novembre : il faut mettre en place un réseau coordonné de surveillance des organismes nuisibles pour protéger les cultures. Reste à en définir les modalités pratiques.

En matière de gestion des cultures, « les agriculteurs sont face à des enjeux nouveaux », a rappelé Olivier Le Gall, directeur à l’Inra, lors du colloque organisé le 29 novembre par la FNLON. Quels sont-ils ? Réchauffement climatique, apparition de nouveaux pathogènes et bioagresseurs, développement des résistances aux produits de traitements, obligation de réduire les usages des pesticides pour, entre autres, répondre à la demande de la société… Pour l’ensemble des acteurs présents au débat organisé par la FNLON, c’est indiscutable : afin de répondre à ces nouvelles contraintes, il faut mettre en place un réseau de surveillance efficace. « Une nouvelle organisation de cette surveillance plus proche du besoin actuel tant au niveau économique que socio-environnemental est d’une importance capitale », a affirmé Denis Onfroy, président de la FNLON. D’après Jean-Marc Bournigal, directeur de la DGAL (Direction générale de l’alimentation), cette question fait partie des priorités du ministre de l’Agriculture et devrait être traitée dans le plan phytos que Michel Barnier veut rendre le plus rapidement possible au président de la République.

L’Etat garantirait le dispositif

Cela va demander un peu de travail. « Avant de se lancer dans la construction d’un réseau, il est important de mener une réflexion avec les différents organismes pour étudier les complémentarités et les rapprochements, afin d’éviter les doublons », a indiqué Alain Mouchart, directeur technique de l’Acta (Association de coordination technique agricole). Aujourd’hui, les services de la protection des végétaux diffusent des avertissements agricoles. Ils travaillent de plus en plus avec les Fredons, déclinaisons régionales de la FNLON. Les chambres d’agriculture, les instituts techniques comme Arvalis ou le Cetiom, les organismes qui vendent des produits phytos font également des observations de terrain, et peuvent prodiguer des conseils. Autant de structures dont il faudrait coordonner l’action. La DGAL a déjà rencontré les centres techniques, et s’apprête à faire de même avec les autres acteurs de terrain. « L’Etat n’est pas le premier observateur sur le terrain, mais il a pour rôle de mettre tout le monde autour de la table », a précisé Jean-Marc Bournigal. L’idée serait de construire un réseau dans lequel les Fredon auraient une place d’opérateurs techniques, probablement aux côtés d’autres acteurs comme les chambres d’agriculture. L’Inra aurait également un rôle, probablement en termes d’expertise scientifique. Et l’Etat garantirait la sûreté du système. Pour que ce nouveau dispositif soit efficace, il doit s’accompagner du développement de la recherche et de la formation des agriculteurs. Pour Patrick Trillon, président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), il faut également intégrer les outils d’aide à la décision. « Cette année, l’élément essentiel qui a permis de lutter contre les attaques de mildiou sur pommes de terre est venu des outils d’aide à la décision », a-t-il fait remarquer lors du débat.

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Eviter les distorsions de concurrence

Devant le durcissement des conditions d’utilisations des produits phytos qui se prépare suite au Grenelle de l’environnement, les représentants de la FNSEA ont tenu à rappeler les risques de distorsions de concurrence qui pourraient apparaître entre agriculteurs français et européens. « On ne peut pas s’interdire des pratiques, alors que l’on importe des produits » qui ne respectent pas forcément ces pratiques, a insisté Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA. Didier Marteau, président des chambres d’agriculture, a tenu pour sa part à préciser que « certaines productions légumières n’ont plus de protection ou n’en auront plus demain ».