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Climat Un plan pour réduire la consommation d’eau de 20% hors stockage hivernal

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La ministre de l’Environnement a présenté le 20 juillet le plan français d’adaptation au changement climatique. Principale mesure : une réduction de 20% des consommations d’eau d’ici 2020. L’agriculture est bien sûr concernée, mais ces économies ne touchent pas le stockage de l’eau qui va être soutenu. Le plan entend également renforcer la surveillance des maladies émergentes et comporte un large volet consacré à l’adaptation des forêts.

Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté mercredi 20 juillet le 1er plan national d’adaptation au changement climatique qui prévoit notamment une réduction des consommations d’eau de 20% d’ici 2020, notamment en agriculture. « L’économie est encore le meilleur usage de l’eau », a souligné la ministre de l’Environnement. Dans le secteur agricole, ces réductions ne concerneraient pas l’eau stockée en hiver. La construction de retenues collinaires serait même soutenue comme l’avait annoncé Nicolas Sarkozy en juin, en contrepartie des efforts réalisés par les agriculteurs pour avoir recours à des pratiques plus économes. Le plan prévoit également de faciliter la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des cultures. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, les autres dossiers prioritaires sont l’aménagement du territoire face à la montée des eaux, le risque d’émergence de nouvelles maladies qui remonteraient depuis le Sud, et l’adaptation des forêts au réchauffement.

171 millions d’euros dédiés
En tout, le plan compte 80 actions déclinées en une série de 230 mesures. Mais le budget qui lui est dédié ne semble pas à la mesure des ambitions : 171 millions d’euros seront directement consacrés au plan. « Mais, assure Nathalie Kosciusko-Morizet, ça ne dit rien de la réalité des sommes qui vont être véritablement dépensées ». En effet, de nombreuses mesures recoupent d’autres engagements de l’Etat. Par exemple 391 millions d’euros au titre des investissements d’avenir participeront au dispositif. Il bénéficiera également des plans sécheresse (annoncé le 9 juin en Charente par Nicolas Sarkozy) et du plan « digue » (500 millions d’euros). « Ce n’est qu’un premier plan quinquennal – le premier de ce type en Europe – qui a vocation à être renouvelé et renforcé. Pour le moment il s’agit d’anticiper des changements pour lesquels il y a encore beaucoup d’incertitudes », prévient la ministre de l’Environnement. Et de se défendre : « Ce plan d’adaptation ne se fait pas à défaut de faire de l’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre) ». La ministre présentera un plan climat « dans quelques semaines ».

Surveiller les maladies émergentes
« Désormais les certitudes sont suffisantes (hausse des températures de 2 à 3°C en moyenne…) pour que l’on doive commencer à s’adapter », estime Jean Jouzel, climatologue vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Les maladies émergentes occupent particulièrement l’attention, notamment les maladies à vecteur (comme la fièvre catarrhale ovine) dont l’aire de répartition géographique des insectes porteur va être modifiée avec la hausse des températures. Des études vont être lancées dès cette année et un groupe de veille santé-climat sera mis en place en 2012 pour alerter les pouvoirs publics sur les situations critiques. Le plan propose la création d’un fonds de mutualisation pour permettre aux agriculteurs de percevoir des indemnisations en cas de maladies animales ou végétales.
Autre mesure phare : l’adaptation des forêts à la hausse des températures, au manque d’eau et à la multiplication des tempêtes. Compte tenu de la longueur des cycles forestiers, des mesures doivent être prises dès à présent. Le plus important est de préserver les ressources génétiques forestières et de sélectionner de nouvelles variétés mieux adaptées aux conditions climatiques du futur. Pour cela, la recherche est le principal outil à actionner. Mais pour faire face aux événements extrêmes qui vont se multiplier il faudra également avancer sur le développement de systèmes assurantiels. Un dossier dont devra également s’emparer le secteur agricole.

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