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Politique industrielle Un pôle agricole et agroalimentaire au sein de la future BPI

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La future Banque publique d’investissement (BPI), promise par le président de la République, François Hollande, lors de sa campagne électorale, pourrait contenir un pôle agricole et agroalimentaire. C’est ce qu’ont indiqué les présidents de la FNSEA et de Coop de France, Xavier Beulin et Philippe Mangin, à l’issue de leur rencontre avec le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le 18 septembre.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a confié le 18 septembre aux présidents de la FNSEA et de Coop de France, Xavier Beulin et Philippe Mangin, qu’il comptait créer un pôle agricole et agroalimentaire au sein de la Banque publique d’investissement (BPI). Une BPI qui sera consacrée « exclusivement au financement et à l’accompagnement » des petites et moyennes entreprises (PME), des très petites entreprises (TPE) ainsi que « des entreprises de taille intermédiaire, trop peu nombreuses en France », déclarait le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, il y a peu. Une cible qui convient bien aux tailles des entreprises agricoles et agroalimentaires qui peinent parfois à trouver des financements auprès des banques privées. Sous la cotutelle d’Arnaud Montebourg et de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, la BPI sera l’interlocuteur unique des entreprises souhaitant obtenir des crédits, et investir dans des projets innovants susceptibles d’êtres créateurs d’emplois et/ou croissance.

Un ministre à l’écoute de l’agriculture

Xavier Beulin et Philippe Mangin ont indiqué avoir trouvé un ministre à l’écoute et prêt à miser sur l’agriculture et l’agroalimentaire pour redresser l’industrie française. Outre la question du financement des entreprises via la BPI, la question de la compétitivité a été abordée par les représentants agricoles. Le président de la FNSEA considérant les normes françaises comme « trop restrictives », a demandé au ministre leur assouplissement pour permettre aux entreprises d’innover. Il a aussi rappelé au ministre la place de la France dans l’échiquier agricole mondial en insistant sur le fait qu’il ne fallait pas opposer les filières et conserver les débouchés à l’export. Xavier Beulin a aussi pu demander au ministre que la France milite pour une convergence des règles au niveau européen afin d’éviter les distorsions de compétitivité entre les pays. « Il y a besoin de restructurer certaines filières, notamment l’aviculture, en identifiant des leaders dans la transformation ayant la capacité d’aller sur les marchés extérieurs », a insisté Xavier Beulin. Philippe Mangin a de son côté indiqué qu’il fallait faire le point sur le travail interministériel entre l’Agriculture, l’Agroalimentaire et le Redressement productif. Selon lui, il faut mettre en place une veille des entreprises en amont des problèmes possibles, pour éviter d’avoir à les gérer quand ils sont devant les tribunaux de commerce. Il faisait référence à l’affaire Doux notamment. Selon lui, les métiers de la première transformation en agriculture sont devenus risqués, notamment avec la volatilité des cours, et il faut veiller à les soutenir. Pour Philippe Mangin, cette veille pourrait aussi faire émerger des leaders filière par filière.

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