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Biocarburants Un premier bilan carbone détaillé des huiles en direct

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L’Institut français des huiles végétales pures (IFHVP), basé à Agen, a diffusé le 2 mai à la presse nationale son premier bilan carbone détaillé des huiles utilisées en direct dans les moteurs. Un bilan qui passe au crible des stades de la production jusque là négligés dans les bilans carbone, comme l’effet de serre induit par la fabrication des pesticides.

La filière des huiles végétales en direct (sans passer par la transformation en biodiesel) dans les moteurs publie son premier bilan carbone, qui va jusqu’à prendre en compte le bilan carbone des pesticides, de la fabrication des tracteurs et l’effet de serre des engrais azotés transformés en protoxyde d’azote. Ce bilan publie des données issues d’un outil récent, le diagnostic Dia’terre. L’objet de ce bilan est de montrer qu’avec des techniques culturales raisonnées, les émissions de gaz à effet de serre sont différentes d’une exploitation à l’autre, selon la conduite de culture, et que l’on peut identifier désormais de façon plus claire les méthodes permettant de minimiser les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans cette filière courte.

Cerner les marges de progrès

Le diagnostic Dia’terre montre ainsi le bilan d’émissions de gaz à effet de serre d’un exploitant qui n’utilise que du matériel agricole d’occasion et peu de pesticides, car il introduit de nombreuses cultures dans son assolement : 288 grammes d’équivalent CO2 émis par la production d’un litre d’HVP. Contre 779 grammes par litre fabriqué chez un autre exploitant, qui a plus investi dans du matériel récent et qui recourt davantage aux pesticides. Ce bilan révèle par ailleurs un avantage de la filière des huiles en direct non détecté par le bilan de Pricewaterhouse Coopers en 2002 : les émissions dues à la production d’huiles en directes peuvent être moindres, quand on conduit l’exploitation de façon raisonnée, que celles qui avaient été calculées il y a dix ans. Ainsi, la fabrication d’un litre d’huile végétale pure peut générer 288 grammes d’équivalent CO2 (comme on l’a vu), alors que les valeurs moyennes établies par Pricewaterhouse Coopers en 2002 étaient de 498 grammes pour l’huile de tournesol et de 660 grammes pour l’huile de colza. Il est donc possible de cerner les stades à améliorer.

GES : la construction du tracteur prise en compte

Enfin, ce bilan montre que les émissions de GES induites par la filière des huiles végétales pures dans les moteurs sont nettement moindres que celles du gazole. Les huiles végétales pures génèrent 493 grammes de GES par litre produit et consommé, selon le diagnostic Dia’terre, alors que le gazole génère 3 390 grammes de GES par litre produit et consommé, selon Pricewaterhouse Coopers. Les faibles émissions de la filière des huiles végétales par rapport au gazole s’expliquent en grande partie par le fait que ce type de carburant est renouvelable, sans rajout de CO2 dans l’atmosphère. Cette comparaison ne tient pas compte de la fabrication des usines de production de gazole, alors que le diagnostic Dia’terre a intégré dans les émissions des huiles végétales pures la construction du tracteur acheté par l’agriculteur.

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