C’est semble-t-il « un Premier ministre déterminé et engagé » au discours « direct » qu’ont rencontré les organisations professionnelles agricoles du Caf, le 11 juillet à Matignon. Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, Bernard Layre, président des Jeunes agriculteurs et Luc Guyau, président de l’APCA, entre autres, ont abordé avec Dominique de Villepin, les sujets agricoles importants du moment : politique agricole, budget européen, négociations à l’OMC et loi d’orientation agricole.
« Nous avons senti un Premier ministre engagé et conscient de ce que représente l’agriculture française en France et en Europe » a déclaré Bernard Layre, le président des Jeunes agriculteurs, qui rencontrait avec ses collègues du Conseil de l’agriculture française (CAF) Dominique de Villepin le 11 juillet. Tous les sujets agricoles du moment ont été évoqués. Concernant la loi d’orientation agricole, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2006, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a indiqué avoir demandé à Dominique de Villepin « d’enrichir» le projet de loi « dans le domaine de l’emploi, du dossier foncier et surtout de l’organisation économique des producteurs ». « Il faut que cette loi permette aux coopératives d’être plus compétitives pour trouver de nouveaux alliés» a estimé pour sa part Bernard Layre. Pour Luc Guyau, président de l’APCA, le fil rouge est le revenu agricole qui a baissé de 16 % en 3 ans alors que les prix à la consommation augmentent de 12 %. Le président de l’APCA a quant à lui apprécié le « discours direct» du Premier ministre.
Un mémorandum sur la PAC
Sur le budget de l’Union et les récentes tensions entre la France et la Grande-Bretagne liées à la part agricole, le président de la FNSEA estime qu’il « faut savoir sortir l’agriculture de ce débat. Il n’y a pas de raison qu’un sujet comme l’agriculture qui représente 15 % des emplois en France fasse les frais de cette négociation». « Les engagements budgétaires de 2002 doivent être respectés et le financement de l’élargissement à 27 pays doit être également assuré » a-t-il ajouté. « Il n’est pas question de bouger sur l’accord jusqu’en 2013 » a assuré Le Premier ministre aux membres du Caf.
Selon Luc Guyau, président de l’APCA, le Premier ministre a fait valoir le besoin d’une communication concertée entre les pouvoirs publics et le CAF sur les notions de préférence communautaire et les coûts de la Pac. Pour Luc Guyau, il faut parler de politique agricole, alimentaire et territoriale commune plutôt que simplement de PAC. Il s’agit aussi de trouver des alliances avec d’autres pays. A ce sujet le Premier ministre a indiqué qu’il souhaitait l’élaboration d’un nouveau mémorandum sur la Pac.
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OMC : « nécessaire fermeté »
Quant aux négociations internationales à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le conseil de l’agriculture française a insisté sur la « nécessaire fermeté » à tenir lors du prochain sommet à Hong Kong en décembre. « Il est important de défendre une préférence communautaire» a insisté Bernard Layre, « car nous ne pouvons pas lutter face aux coûts de main d’œuvre du Brésil par exemple». Le président de la FNSEA a de son côté indiqué que c’était au président américain George W. Bush de « montrer l’exemple » en matière de subventions agricoles dont il a réclamé la réduction au sommet du G8. « Nous avons été les meilleurs élèves de toutes les décisions qui ont été prises au cours de ces dernières années à l’OMC et on se ferait donner des leçons par le président américain qui ne prend aucun engagement en matière d’élimination des subventions ? », a-t-il interrogé.
Sécheresse : moins de problèmes de fourrages qu’en 2003
Jean-Michel Lemétayer a également tenu à s’exprimer sur la sécheresse en cours dans de nombreux départements. « Il est trop tôt pour parler de conséquences en matière de récoltes, qui viennent tout juste de commencer. Pour l’instant la grande zone d’élevage du Massif Central, qui était touchée en 2003, ne l’est pas. Les besoins de transports de fourrages ne devraient donc pas être aussi importants », a-t-il indiqué, en ajoutant que la « solidarité de proximité pour éviter des transports coûteux devrait pouvoir primer cette année ». « La sécheresse de 2005 commence comme en 1976, mais elle n’est pas encore terminée» a déclaré pour sa part Bernard Layre, le président des JA, qui s’est félicité de la permission pour 77 départements français d’utiliser les jachères pour le patûrage.
Le président de la FNSEA a par ailleurs fait savoir que Dominique de Villepin devrait s’exprimer le 13 septembre à Rennes, lors du salon professionnel Space pour donner sa vision sur l’agriculture.