Un projet de recherche européen sur la coexistence et la traçabilité des filières OGM et non-OGM a été lancé officiellement le 6 juin. Dénommé Co-Extra, et coordonné par l’INRA, ce projet associe 52 partenaires issus de 18 pays d’Europe mais également de Russie, du Brésil et d’Argentine. Il s’étend sur 4 ans.
« L’objectif global est de fournir aux consommateurs un étiquetage fiable », explique Yves Bertheau, chercheur à l’Inra et coordinateur scientifique du projet Co-Extra. Financé à hauteur de 13,5 millions d’euros par le sixième programme cadre de l’Union européenne, ce programme de recherche s’étend sur quatre ans. Plusieurs champs d’étude sont retenus : les flux de gènes et la co-existence des filières transgéniques et non-transgéniques ; la traçabilité des OGM et de leurs produits dérivés ; et l’élaboration de nouvelles techniques pour détecter les OGM non encore autorisés.
Minimiser les coûts
« Ce que nous souhaitons, c’est fournir des outils d’aide à la décision pour tous les opérateurs économiques. Certaines grosses entreprises comme Cargill ou Carrefour ont déjà des systèmes de traçabilité, ce qui n’est pas le cas pour les petites et moyennes entreprises. On veut que celles-ci n’en soient pas dépourvues », précise Yves Bertheau. A l’échelle des filières, les recherches sur la coexistence et la traçabilité se fixent comme objectif de minimiser au maximum les coûts opérationnels tout au long de la filière économique (production, transport, transformation, consommation). « Nos travaux n’ont pas de lien direct avec les dispositifs de coexistence adoptés par exemple en Allemagne ou en Italie », poursuit le coordinateur scientifique. « Mais nos recherches permettront d’évaluer les réglementations nationales, ou pourront contribuer à l’édification d’un cadre européen en la matière », indique-t-il.
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250 scientifiques
Des pays tiers, tels que l’Argentine, le Brésil, la Russie ou les Etats-Unis (via l’envoi d’observateurs) sont associés au projet de recherche. Au total, 250 scientifiques et ingénieurs seront mobilisés, parmi lesquels une vingtaine de scientifiques appartenant à huit laboratoires de l’Inra. L’Inra recevra 1,4 million d’euros de subventions européennes et abondera le programme à hauteur de 1,3 million d’euros. Le consortium Co-Extra inclut plusieurs sociétés ou organismes professionnels parmi lesquels – pour la France – le Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitains (Cetiom), Arvalis/Institut du végétal, et le Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Gip-Geves).
Chaque année, la Commission européenne recevra un rapport d’étape. « De notre côté, on va essayer de faire un rapport de synthèse au fur et à mesure de nos avancées, accessible sur internet», conclut Yves Bertheau.