L'ancien site d'abattage-découpe de porcs de Lampaul-Guimiliau (Finistère), fermé par Gad SAS (groupe Cecab) à l'automne dernier, fait l'objet d'un projet « territorial » de redémarrage d'activité appelé Lampaul Agro.
UN pool « territorial » envisage de relancer l'unité d'abattage-découpe de porc ayant appartenu au groupe Gad et fermée dans le cadre d'un plan de continuation validé par le tribunal de commerce de Rennes, avec la suppression de 889 postes. Ce pool réunit sept ex-cadres de l'entreprise, les chambres consulaires locales, quatre groupements de producteurs de porcs, des coopératives, des industriels et la communauté de communes de Landivisiau. Un projet atypique pour ce qui a été une catastrophe industrielle dans une des régions de production porcine les plus denses d'Europe. Le projet prévoit de démarrer sur une base de 9 500 porcs abattus/semaine contre un peu moins de 20 000 au moment de l'arrêt des chaînes. 60 à 70 % des animaux seraient livrés en direct par les quatre partenaires « amont » (les groupements Aveltis, Porelia, Triskalia, Syproporcs), le reste acheté au Marché du Porc Breton. L'activité de fabrication de produits élaborés ne figure pas dans le business plan de Lampaul Agro car trop risqué au démarrage.
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Interrogés sur les investissements, les partenaires évoquent juste le prix de la location à Cecab de l'outil d'abattage et des chaînes qu'il contient. « Elles doivent y être mais je n'y ai pas mis les pieds depuis le le 28 novembre », dit laconiquement l'un des sept ex-cadres de Gad SAS. La demande de mise à disposition de l'outil et de son process a été formulée officiellement auprès du groupe Cecab. « Nous n'avons pas essuyé de refus tout simplement parce que nous n'avons pas eu de réponse », poursuit notre interlocuteur qui refuse de parler individuellement. N'est-ce pas vain d'imaginer que la filière porcine, soulagée d'avoir fermé un abattoir excédentaire, se félicite de voir un nouvel outil démarrer ? « Non, ça, c'est la pensée unique : la Bretagne n'a pas un mais des territoires de production qui ont besoin d'outils industriels. » Sans usine d'abattage dans le nord-Finistère, ce sont des milliers de lots de porcs dont l'acheminement vers les outils d'abattage renchérit systématiquement le prix du cochon. « On parle ici de centimes au kilo alors qu'on fixe le prix du porc au MPB au millième de centime », poursuit notre interlocuteur. Le risque, à terme, c'est bien évidemment de voir le potentiel de production de la région s'effriter. Aussi les porteurs du projet, insistent-ils sur la notion de circuit court, notion inscrite comme une piste d'avenir pour la région dans le Pacte d'Avenir pour la Bretagne signé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en octobre dernier. D'ailleurs, une mission exploratoire a été dilengentée « afin de mesurer les impacts filière dans le cadre du redémarrage du site industriel de Lampaul-Guimiliau, ce qui démontre l'intérêt porté au projet (par les pouvoirs publics) », dit Lampaul Agro dans un communiqué. Les résultats de cette mission devraient être connus à la mi-avril. Malgré nos sollicitations, Cecab n'a pas voulu répondre à nos questions.