Améliorer la communication entre les consommateurs, les scientifiques et l'industrie alimentaire afin de renforcer l'acceptation de nouveaux produits alimentaires issus de technologies innovantes par les consommateurs. Tel est le but affiché par « Connect4Action », un projet de recherche européen entrepris dans le cadre du 7e programme-cadre de l'UE, sous la houlette de la LEI Wageningen UR (Institut de recherche agro-économique des Pays-Bas) (1).
BIEN que des milliers de nouveaux produits alimentaires soient régulièrement commercialisés, la majorité d'entre eux rencontrent un échec. Le succès des innovations dépendrait donc de l'acceptation de ces nouveaux produits et technologies par les consommateurs. D'où l'importance de connaître les besoins et les préférences de ces derniers. Mais également de promouvoir une meilleure communication entre les acteurs de la chaîne alimentaire. C'est le constat auquel sont arrivés les promoteurs du projet de recherche communautaire « Connect4Action » (« Se connecter pour agir »). Ce projet s'est donné pour mission de réduire le taux d'échec des nouvelles technologies alimentaires en Europe, en tentant notamment de stimuler l'acceptation des nouveaux produits par les consommateurs, grâce à une meilleure communication entre les principaux acteurs du processus d'innovation alimentaire. « Connect4Action » réunit un consortium multidisciplinaire composé d'ingénieurs en technologie alimentaire, de scientifiques spécialisés dans la consommation, de représentants de l'industrie alimentaire et des boissons, de petites et moyennes entreprises et d'experts du transfert des connaissances qui travaillent tant dans le milieu universitaire qu'industriel.
DEUX NIVEAUX DE COMMUNICATION ET D'ÉCHANGES
La communication et l'échange de connaissances s'opèrent généralement à deux niveaux, à savoir, au sein de l'entreprise (communication interne entre différents départements, tels que le département de recherche et développement et le département marketing) et vers l'extérieur (communication externe avec le consommateur final, mais également avec les autres parties prenantes impliquées tout le long de la chaîne alimentaire, telles que les distributeurs et les décideurs politiques). Grâce à l'analyse des stratégies de communication existantes et à l'organisation d'entretiens et d'ateliers avec des experts, le projet de recherche a élaboré un ensemble d'outils et de supports de formation, dans le but d'améliorer la communication. Le dialogue entre les principaux acteurs, possédant de différentes compétences, est supposé contribuer à renforcer le développement des technologies alimentaires et le processus de commercialisation. Le fait de connecter l'ensemble des acteurs principaux dans le cadre d'un dialogue permettrait de mieux répondre aux souhaits des consommateurs, d'accroître l'acceptation des nouvelles technologies et des nouveaux produits alimentaires par ces derniers et donc de réduire le taux d'échec des innovations.
RECOMMANDATIONS EN MATIÈRE DE COMMUNICATION
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Les promoteurs du projet de recherche ont élaboré un ensemble de recommandations qui constitue la base de la boîte à outils à la disposition des parties prenantes participant au processus d'innovation alimentaire, en particulier les gérants d'entreprises alimentaires, mais également les scientifiques de l'industrie alimentaire et du monde universitaire. Ces recommandations portent sur la communication interne et externe et sont adaptées aux différents stades du processus de développement des nouveaux produits et technologies. Ainsi, par exemple, la recommandation « Étapes à suivre pour élaborer un plan de communication efficace », prévoit de guider les entreprises alimentaires dans l'élaboration d'un plan de communication spécifique à une technologie ou à un produit. Elle explique les étapes courantes, telles que la définition des buts et objectifs, l'identification du public cible et l'élaboration de messages clés. Des références bibliographiques sont proposées, afin d'approfondir chaque étape. Un « Guide de détection précoce pour les nouvelles technologies potentielles » contribuerait de son côté à l'identification anticipée des perceptions négatives, dangers, risques ou problèmes éventuels pouvant affecter les nouveaux produits et technologies. Ce guide est une adaptation du système ERIS (« Emerging Risk Identification Support », signifiant « Support pour l'identification des risques émergents »), créé à l'origine par TNO (un partenaire du projet « Connect4Action »), dans le but d'aider l'industrie alimentaire et les autorités publiques à adopter une gestion des risques proactive dans le domaine de la sécurité alimentaire. Cet outil permettrait de déterminer à partir du matériel produit si le sentiment lié aux technologies alimentaires émergentes est généralement positif ou négatif. Il peut également détecter des éléments plus complexes, tels que le niveau d'acceptation d'une nouvelle technologie par les consommateurs.
SUPPORTS DE FORMATION
Sur la base de ces outils, plusieurs formations ont été élaborées en tenant compte des exigences différentes du milieu universitaire et industriel. Ces supports de formation sont hébergés sur le site Internet de l'ISEKI Food Association et comprennent des présentations, des listes de références, des tâches individuelles et de groupe, ainsi que des exercices d'évaluation. Une formation cible les professionnels de l'industrie alimentaire et prend la forme d'un atelier en interne, tandis que l'autre formation s'adresse aux jeunes universitaires de diverses disciplines (sciences de la consommation, sciences et technologies de l'alimentation, marketing alimentaire, etc.).
(1) L'INRA participe à ce projet de recherche aux côtés de 9 autres instituts et organismes de recherche de l'UE.