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Compétitivité/UE Un rapport de l’industrie pointe les faiblesses persistantes du secteur agroalimentaire

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Suivant la tendance observée au cours des années précédentes, l’industrie alimentaire et des boissons européenne est à la traîne par rapport à ses principaux concurrents mondiaux en termes de valeur de la production, de productivité du travail et d’investissements en R & D. C’est en tout cas ce qu’affirme le rapport 2011 sur la compétitivité du secteur que vient de publier FoodDrinkEurope (ex-CIAA), le porte-parole de l’industrie alimentaire européenne (1). Même si l’UE conserve sa position de premier exportateur mondial de denrées alimentaires, sa part de marché à l’export continue malgré tout à se rétrécir, ajoute le rapport.

L’industrie alimentaire européenne a été moins touchée par la crise économique par rapport aux autres secteurs manufacturiers de l’Union, note le  rapport 2011 de FoodDrinkEurope sur la compétitivité du secteur. Elle a en effet enregistré, en moyenne, une croissance positive de 0,4% (chiffres pour 1er trimestre 2008 - 1er trimestre 2011). Néanmoins, souligne le même rapport, « les perspectives pour l’industrie européenne sont moins prometteuses si l’on considère sa compétitivité vis-à-vis de ses principaux concurrents mondiaux ». Comme observé depuis ces dernières années, l’industrie européenne marque le pas par rapport à ses pairs au niveau mondial en termes de valeur de la production, de productivité du travail et d’investissements en R & D.

Lente diminution de valeur de la production
Sur la scène internationale, note le rapport, la valeur de la production de l’industrie alimentaire et des boissons européenne a légèrement diminué en 2009, à l’instar d’autres pays industrialisés comme par exemple le Canada. Ce retrait est en ligne avec le résultat global négatif enregistré par le secteur manufacturier de l’UE au cours de la même année, lequel a souffert, entre autres facteurs, d’un accès réduit au financement (en particulier pour les PME). Par voie de conséquence, l’industrie alimentaire a continué à perdre du terrain par rapport à ses autres principaux concurrents dans les pays développés, comme les Etats-Unis, mais aussi par rapport aux marchés en développement, et en particulier la Chine, dont la valeur de la production aurait quadruplé depuis 2003.

Productivité du travail en hausse mais toujours à la traîne
Selon les auteurs du rapport, la productivité du travail dans l’industrie alimentaire européenne a augmenté de près 3% en 2009 comparativement à 2008. Cependant, celle-ci reste à la traîne par rapport aux niveaux de productivité enregistrés en Suisse ( + 6 %), aux États-Unis et au Canada.

Part à l’export en retrait
Si l’Union européenne conserve sa position de leader mondial à l’exportation et plus particulièrement avec des denrées alimentaires de haute qualité et à haute valeur ajoutée, sa part de marché à l’exportation en revanche continue à se rétrécir, observe le rapport. Les chiffres pour la période 2000-2009 montrent que la part de marché des exportation de l’UE a diminué de 20,4% à 18,6 %. Le rapport précise qu’en dépit d’une augmentation importante des exportations de l’UE en 2010, des estimations récentes confirment cette tendance à la baisse. Cette situation suit la tendance générale observée pour les pays développés à travers le monde au moment où la part des marchés émergents enregistre une croissance. Parmi ces derniers, le Brésil est devenu un champion mondial incontesté dans la dernière décennie : sa part de marché à l’export a augmenté de 3,6 points de pourcentage à près de 8% de la valeur totale des denrées alimentaires commercialisées au niveau international. Néanmoins, se consolent les auteurs du rapport, « l’Union continue d’être le leader mondial des exportations de produits de haute valeur ajoutée ». Même si elles ont été affectées par la crise économique, les exportations concernant ce type de produits s’élevait encore à 35% du commerce international des denrées alimentaires hautement transformées en 2009. Toutefois, ce succès n’est pas également réparti entre les producteurs des différentes catégories de denrées alimentaires. Alors que l’UE est le premier exportateur de boissons alcoolisées, d’autres catégories de produits font face à davantage de concurrence comme par exemple le chocolat, la confiserie, les produits de boulangerie, et les viandes transformées.

Niveaux de R & D soutenus mais encore à la traîne
Les investissements en R & D dans l’industrie alimentaire européenne ont traditionnellement été plus faibles comparés à ceux d’autres industries manufacturières de l’UE et à ceux d’autres secteurs alimentaires des autres pays concurrents, observe le rapport. Parmi les 1 000 premières entreprises de l’UE investissant dans la R & D en 2009, 38 d’entre elles étaient des industries alimentaires et de boissons qui ont investi au total 2,2 milliards d’euros en 2009. Si on compare ce chiffre avec celui des 38 meilleures compagnies dans l’industrie pharmaceutique – 19,8 milliards d’euros investis au cours de la même période –, il n’y a pas photo, constatent les auteurs du rapport. Selon eux, les investissements de l’UE dans la R & D ont, en général, toujours été en retrait par rapport à ceux des partenaires commerciaux que sont notamment le Japon, les États-Unis et la Norvège.

Que faire ?
Pour aider à améliorer la compétitivité de l’industrie alimentaire, les opérateurs européens demandent aux responsables politiques toute une série de mesures. En premier lieu « un meilleur cadre réglementaire » avec, en temps opportun, la mise en place de règles communautaires dans des domaines spécifiques « garantissant des niveaux élevés de sécurité juridique » pour les opérateurs et « réduisant les formalités administratives » pour prendre en compte les besoins spécifiques du secteur et en particulier « le grand nombre de PME dans l’alimentaire ».
Ils réclament ensuite des moyens applicables pour gérer les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Pour répondre à la volatilité des marchés et à la hausse continue des coût de production et des prix des matières premières, les opérateurs européens demandent à l’UE d’optimiser l’orientation axée sur le marché de la PAC et sa capacité à soutenir la R & D.
 
 (1) Le rapport présente les chiffres de l’année 2009, c’est à dire les dernières données disponibles au moment de la rédaction du texte.
 (2) Similaires aux tendances observées dans d’autres marchés développés.
 

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