Une récente étude du Groupe économie du bétail de l’Institut de l’élevage a mis en évidence « un repli de la production bovine d’ici 2012 dans l’UE à 25 », plus qu’un véritable « déclin ». La baisse du cheptel des vaches laitières et allaitantes, dûe à la mise en application progressive de la Pac, les négociations en cours à l’OMC et l’élargissement de l’UE à 25 sont parmi les nombreuses explications avancées.
«C’est un repli de l’offre plus qu’un déclin de la production » qui est envisagé d’ici 2012 par l’Institut de l’élevage, concernant la production bovine de l’UE à 25. Dans son dossier Economie de l’élevage n°347 de juin 2005, le Groupe économie du bétail (GEB) établit une prévision de production, qui accentuerait le déficit de l’Union. La baisse du cheptel des vaches laitières et allaitantes, dûe à la mise en application progressive de la Pac, les négociations en cours à l’OMC et l’élargissement de l’UE à 25 sont parmi les nombreuses explications avancées par l’Institut.
Un repli de la production en 2007
Dans un premier temps, pour la période 2006-2007, la situation devrait être pourtant tout-à-fait inverse. La disponibilité en vaches de réforme pourra bénéficier du retour du potentiel britannique de 180 000 tonnes actuellement détruit (soit de l’ordre de 600 000 vaches), et de la restructuration laitière accélérée qui pourrait correspondre à la phase de mise en place du découplage des aides laitières. Ce n’est qu’au-delà de 2007 que l’effet « de repli » du disponible en vaches de réforme devrait reprendre durablement. Le GEB estime que les nouveaux Etats membres de l’Est de l’Union européenne vont rester de faibles producteurs de viande bovine et devenir déficitaires, du fait de la progression de la demande liée à l’augmentation du pouvoir d’achat. Les pays du Nord de l’Union, et notamment l’Allemagne, devraient tirer nettement la production à la baisse en privilégiant des systèmes laitiers intensifs à l’animal mais en allégeant les chargements pour respecter les contraintes environnementales. L’Europe du Sud maintiendrait un dynamisme d’offre/demande contenu entre une capacité à produire et à consommer toujours forte et une rentabilité contrariée par des coûts de production tirés à la hausse.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une France renforcée
Le scénario de l’Institut de l’élevage prévoit un déficit européen en viande bovine de 355 000 tonnes, soit plus de 4% de la consommation. Il intègre un recul de la demande européenne de plus de 150 000 tonnes par rapport à 2004 et une augmentation du même ordre des importations en provenance du Mercosur. Ce scénario d’un effritement de la production européenne, préjudiciable à la consommation repose sur des hypothèses de prix relativement élevés soutenus par des consommateurs qui privilégient un mode d’approvisionnement européen, fondé sur des attentes davantage « sécuritaires » et « qualitatives » que seulement quantitatives. « Un plus fort démantèlement des mécanismes de régulation des échanges mondiaux et une plus forte agressivité commerciale du Mercosur, pourraient évidemment conduire à des hypothèses de prix toutes différentes », ajoute l’étude. Dans cet équilibre offre/demande, le GEB indique que la position de la France pourraît être renforcée. L’importance relative de son cheptel reproducteur, sa place stratégique dans l’approvisionnement des filières déficitaires du sud de l’UE et le recouplage des aides renforcent son poids mais la prive de compétitivité et d’ambitions en matière d’engraissement.