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Phytos Un réseau pour quantifier et caractériser les résistances aux herbicides

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Plus le temps passe, plus il devient difficile de se débarrasser des vulpins et des ray-grass qui envahissent les champs de céréales. Car ces adventices ont développé des résistances aux herbicides. InVivo met en place un réseau pour les quantifier et les caractériser.

Il faut désormais faire avec : les graminées adventices résistances aux herbicides gagnent du terrain. Pour InVivo, le vulpin et le ray grass sont les deux mauvaises herbes les plus problématiques aujourd’hui en céréales. C’est en 1998 qu’ont été découverts les premiers vulpins résistants aux produits de la famille des Fop, mis en marché dix ans plus tôt. Depuis 2007, des ray gras et des vulpins résistants aux sulfonylurées, molécules commercialisées à partir de 2001, ont été identifiés. La question préoccupe. « En blé dur, nous commençons à arriver sur une impasse technique », a expliqué Laurent Mur, responsable des expérimentations à la coopérative Audecoop, lors de la conférence de presse organisée par InVivo, le 12 février à Paris. Dans la zone couverte par la coop, la céréale est souvent cultivée en monoculture pour des raisons techniques et économiques et le non labour s’est fortement développé. S’ajoute à cela le manque de matières actives homologuées. Autant de facteurs qui favorisent l’apparition de résistances, contre lesquelles il n’est pas toujours facile de lutter.

Sensibiliser et trouver des solutions adaptées

C’est pour les quantifier et les identifier qu’Union InVivo a monté le groupe Herbicides durables, dont l’action est tournée vers les coopératives du réseau InVivo. « Ce groupe va mettre en place un ensemble d’actions pluriannuelles centrées autour de deux objectifs communs », a expliqué Nathalie Senesse, coordinatrice de l’action au pool technique d’InVivo. Premier objectif : sensibiliser les agriculteurs en portant un message clair sur l’état des lieux des résistances et les alternatives qui s’offrent à eux. Seconde étape : adapter « des solutions en fonction des contraintes technico-économiques, réglementaires et environnementales ». Le programme est prévu pour deux ans, reconductibles. Trois prestataires apportent leurs services : Syngenta fournit les kits de prélèvements, Dow agrosciences et Dupont aident à la communication et à l’animation. « Pour une action d’envergure comme celle-là, nous ne partons jamais tout seul », a précisé Delphine Lefèvre, responsable du pool technique. Bayer ne s’est pas associé au projet, car la société ne souhaite pas travailler uniquement à destination du réseau InVivo.

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Une cartographie nationale au printemps

51 coopératives se sont mobilisées, soit 99 % des entreprises du réseau concernées par les résistances des graminées adventices. Ce sont elles qui prennent en charge les prélèvements commencés à l’automne 2007. Il s’agit de recueillir 250 à 300 plantes par parcelle puis de remplir le cahier d’enquête sur les pratiques de l’agriculteur, soit 3 à 4 heures de travail. InVivo compte réaliser une cartographie nationale du phénomène des résistances à partir des résultats obtenus sur 300 à 350 parcelles. Elle sera disponible en juin. Auparavant, un retour local sera effectué auprès de chaque coopérative participante. Un travail de caractérisation des résistances suivra cette cartographie. Des tests seront effectués par le laboratoire Biotransfer pour comprendre les mécanismes de la résistance à partir des graines prélevées en juin sur des parcelles en échec de désherbage. Les résultats devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.