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Tech and bio Un salon où la bio fait école

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Tech and bio, le salon européen des techniques agricoles bio et alternatives, qui a tenu sa deuxième édition le 8 et 9 septembre à Loriol dans la Drôme, l’agriculture biologique, a répondu à la curiosité des visiteurs pour les techniques alternatives. Il a également été l’occasion de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir avant d’atteindre les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement.

Aujourd’hui, tout le monde ou presque loue l’agriculture biologique. Certains l’envisagent comme une planche de salut pour une agriculture en crise, d’autre comme une solution environnementale. Chacun reconnaît sa capacité d’innovation.
« L’agriculture est en danger dans notre département. Il faut aller de l’avant. L’agriculture biologique est une façon de gagner de l’argent, d’aller à l’export. Les circuits courts, ce n’est pas le plus important. L’agriculture biologique est un facteur de développement, c’est le plus important », a déclaré Didier Guillaume, sénateur de la Drôme, lors de la table ronde inaugurale du salon.
Luc Guyau, président des chambres d’agriculture, y croit également pour d’autres raisons : agriculture biologique rime aujourd’hui avec modernisme.
« J’avais dit que je croirai à la bio quand je verrai des agriculteurs bio sur un tracteur », a t-il déclaré.
Pour Elodie Galko, qui représentait le ministère de l’Agriculture, « l’agriculture biologique est importante pour la protection de l’environnement. Elle aide à lutter contre les problèmes de nitrates, de pesticides… ».

De nombreuses pistes pour l’avenir
Pour autant, il reste beaucoup à faire pour le développement de la production en France. Avant, par exemple, d’atteindre le niveau de l’Allemagne où le chiffre d’affaires de l’agriculture biologique est multiplié par deux tous les cinq ans.
Pascal Gury, président de l’Agence bio, a listé les manques à combler. Primo, des outils d’anticipation car les variations de production peuvent mettre les agriculteurs en difficulté comme on l’a vu dans le secteur laitier quelques années en arrière. Une production supérieure à la demande provoque une chute des prix. « On ne pourra pas continuer à faire de la qualité si le consommateur ne suit pas », a prévenu un producteur. Secundo, l’inscription des variétés à bas intrans sera un progrès. Tertio, la formation des techniciens est importante. « Chaque technicien devrait connaître la bio », a estimé Pascal Gury en écho à Luc Guyau qui a annoncé que chaque chambre d’agriculture compterait un technicien bio d’ici fin 2009. Enfin, pour ce qui est des importations et exportations, elles peuvent être « un outil de régulation ». « Nous étions contents parfois d’importer pour faire tourner nos outils de transformation » a rappelé Pascal Gury.

Créer des « pôles de conversion »
Le responsable de la Fédération régionale de l’agriculture biologique de Rhônes-Alpes, qui n’avait pas été invité à parler en tribune, bien que cette table ronde souhaitait rapprocher agriculture bio et conventionnelle, a précisé qu’en Allemagne, on forme des ingénieurs à l’agriculture biologique. En France, ce niveau de qualification n’existe pas encore. Il a soulevé un autre point important : l’accès au foncier.
« Dans les comités des Safer, il faudrait choisir les demandes des producteurs bio plutôt que l’agrandissement des fermes conventionnelles si on veut atteindre les objectifs du Grenelle », a poursuivi le président de la Frab Rhônes-Alpes. Enfin, il a noté que « dans les conférences régionales, on ne se parle pas. Sur le terrain, on est encore dans le conflit ». Il a conseillé la mise en place de « pôles de conversion » pour faciliter cette démarche.

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