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Lancement Un site de financement participatif dédié à l'agriculture et à l'alimentation

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Miimosa se présente comme le premier site de financement participatif dédié à l'agriculture et à l'alimentation. Il répond à l'intérêt croissant des Français pour l'économie collaborative.

Le crowdfunding, ou financement participatif, pourrait bientôt financer davantage d'agriculteurs. L'idée est de solliciter auprès du grand public un soutien financier, sous forme de « don contre don », à destination d'un porteur de projet. Une plateforme internet, miimosa.com, qui vient d'être créée, établit le lien entre les deux. D'un côté, le demandeur qui cherche un financement à moindre coût, en fédérant une communauté de gens. Il peut s'agir d'un agriculteur, un syndicat, une coopérative, une association, une collectivité territoriale, un artisan dans l'alimentaire. De l'autre, le contributeur qui peut soutenir un projet l'ayant séduit, avec en échange une contrepartie. Celle-ci peut prendre différentes formes : une bouteille de vin, une visite et dégustation, un dîner au sein du domaine.

« L'agriculture et l'alimentaire n'ont pas encore pris le virage du “crowdfunding” », explique Florian Breton, fondateur de Miimosa, qui bénéficie du soutien de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs et des chambres d'agriculture. Les experts du financement participatif chiffrent son potentiel en France à 6 milliards d'euros en 2020. Pour l'heure, il représente un marché de 160 millions d'euros estimés cette année. Les Français sont de plus en plus nombreux à s'y mettre, avec 1,5 million de contributeurs prévus fin 2014.

Une agriculture « fragilisée »

« Face à une agriculture fragilisée, on observe une rétractation des financeurs historiques, estime Florian Breton. Miimosa vient compléter l'accompagnement de l'Europe, de l'Etat et des banques. » Plusieurs indicateurs traduisent une « paupérisation de certains acteurs » du secteur, selon lui : 40 % des agriculteurs perçoivent un salaire inférieur au Smic, 26 % des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté (1). En parallèle, la cote d'amour de l'opinion pour les agriculteurs reste intacte, renforcée par la montée du patriotisme économique, du « manger local », soutient le jeune entrepreneur.

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Miimosa vise 1 000 projets à l'horizon 2017, 70 % dans l'agriculture et 30 % dans la première transformation alimentaire. La plateforme internet se rémunère via une commission sur chaque financement. Elle prélève 8 à 12 %, selon la réalisation de l'objectif de collecte. Dès que 60 % de la collecte de fonds sont atteints, le porteur de projet reçoit son financement. Un don qui, sur le plan comptable, rentre en « produits exceptionnels de gestion », sans taxe ni TVA.

« Miimosa est une nouvelle brique financière dans la construction d'un projet d'installation, souligne le vice-président des JA, Jérémy Decerle. C'est exactement ce qu'on défend : diversifier les sources de financement selon le profil et le projet d'installation des jeunes pour pouvoir continuer à installer et renouveler les générations d'agriculteurs. »

(1) données 2013 du ministère de l'Agriculture, de l'Insee, du Crédoc