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Un sommet climat à Paris avec « les grandes entreprises »

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La France co-organise un Sommet climat en décembre à Paris, un mois après la COP23 et deux ans après la COP21. Le 7 novembre, les pouvoirs publics ont expliqué que cette conférence doit permettre de mobiliser les acteurs du financement climatique, « de faire monter à bord les grandes entreprises ».

La France a annoncé la tenue d’un sommet climat, le One Planet Summit, le 12 décembre à Paris. Le 7 novembre, l’Élysée a affirmé, selon l’AFP, qu’il faut « redoubler d’effort » pour atteindre l’objectif d’une augmentation de 1,5 degré (par rapport à la Révolution industrielle) à la fin du siècle par rapport à la Révolution industrielle. Le rendez-vous climatique du 12 décembre est co-organisé par les Nations Unies et la Banque mondiale « à l’initiative du président de la République », selon le site internet dédié à l’événement (1). Emmanuel Macron avait annoncé ce sommet au cours du G20 qui s’était tenu à Hambourg en juillet. Une centaine de chefs d’État sont invités – celui des États-Unis ne l’est pas – ainsi que près de 800 organisations et acteurs publics et privés. L’objectif est essentiellement financier. Le site internet de l’événement ne s’en cache pas en sous-titrant le nom de l’événement : « La finance publique et privée au service de l’action climat. »

Faire entrer les grandes entreprises

Le 31 octobre, le secrétaire d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu, auditionné à l’Assemblée nationale, commentait notamment à propos du Fonds vert, outil onusien de financement de l’action climatique (2) : « L’enjeu est de savoir comment on fait monter à bord la Banque mondiale, mais aussi les grandes entreprises, les grandes collectivités territoriales. » Le Fond vert prévoit d’atteindre une mobilisation de 100 Mrd $ par an d’ici à 2020. Oxfam, membre du collectif Réseau action climat, publiait en 2016 un rapport sur le financement climat. On peut y lire que les pays développés prévoient que 67 Mrd$ seront des financements publics et le reste du financement privé.

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L’initiative de faire payer une partie de la lutte contre le changement climatique par les entreprises est donc bienvenue. Mais elle n’est pas nouvelle, ni d’ailleurs les défis à relever pour y parvenir. Dans son rapport, Oxfam rappelle que « le flou est persistant sur la comptabilisation du financement privé ». En 2016, seuls quatre pays (Canada, Finlande, France et Japon) avaient précisé le montant des financements privés pour un total d’environ 7,2 Mrd $ entre 2010 et 2014. Par ailleurs, l’ONG décrit le défi du cofinancement public-privé : « Devant l’absence de transparence quant aux postes de dépenses, il est très difficile d’évaluer les résultats réels des investissements mixtes en termes de développement et de climat. »

« Le flou est persistant sur la comptabilisation du financement privé », selon Oxfam

(1) https ://www.oneplanetsummit.fr/fr/

(2) Lire « Le financement climatique, insuffisant dans les pays les moins avancés » dans Agrapresse n° 3515 du 9 octobre 2015