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FNSEA Un troisième mandat sous le signe de la continuité pour Jean-Michel Lemétayer

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C’est sans surprise que Jean-Michel Lemétayer a accédé pour la troisième fois à la présidence de la FNSEA, le 17 avril. Entouré par une équipe d’élus peu modifiée, le leader de la FNSEA est apparu très combatif le 17 avril, jour de sa réélection. Son cheval de bataille : la loi de modernisation de l’économie qui inclut le sujet « super sensible de la négociabilité » des tarifs des fournisseurs. « On ne se laissera pas faire », a-t-il prévenu, résolu à manifester, si rien ne bouge, avec l’Ania devant l’Assemblée nationale lors de l’examen du texte à la mi-mai.

On ne change pas une équipe qui gagne. C’est manifestement la règle que Jean-Michel Lemétayer s’est fixée pour la constitution de son nouveau bureau après sa réélection à la tête de la FNSEA, le 17 avril. Pour son troisième mandat à la tête de la « grande maison », le leader de la FNSEA s’est entouré d’une équipe ayant déjà fait ses preuves dans le choix des hommes – et des femmes – ainsi que dans leur attribution respective. Pas de bouleversement notable dans les différents postes. Le secrétaire général reste Dominique Barrau. Son adjoint est toujours Jean-Bernard Bayard. Xavier Beulin est le premier vice-président et Christiane Lambert vice- présidente. À noter toutefois de nouvelles entrées comme celle de Jérôme Despey, ancien président des Jeunes agriculteurs en charge des dossiers viticoles. Sans oublier, Henri Brichart, président de la FNPL (lait) et Daniel Prieur, président de la chambre d’agriculture du Doubs. Quant à Gilbert Limandas, président de la FRSEA de Rhône-Alpes, il devient membre à part entière du bureau. L’ambition de Jean-Michel Lemétayer réélu, sans surprise, à la tête du syndicat, est fidèle à ce qu’il défend depuis son entrée à la FNSEA en mai 2001. Faire vivre le réseau du syndicat et « faire de la FNSEA une belle et grande maison ».

Une Pac plus « plausible »

Sur le fond, deux « grands » dossiers préoccupent le président du syndicat. Il s’agit de préparer la future Pac et les suites du Grenelle de l’environnement. Sur la Pac, « il nous faut travailler sur la flexibilité des aides au-delà même du rééquilibrage des soutiens ». En clair, la politique agricole doit être plus en phase avec les marchés, ce qui la rend donc plus « plausible » et plus acceptable par l’opinion publique. Quant au rééquilibrage des aides, on se souvient que ce sujet a suscité de vifs débats entre le monde de l’élevage et les céréaliers au dernier congrès du syndicat à Nantes. Et Pierre Chevalier, président de la FNB, non élu au du nouveau conseil d’administration pour des problèmes de cotisations en sera, malgré tout, l’invité permanent, a décidé le président de la FNSEA. La même décision a été prise pour Angélique Delahaye, présidente de la FNPL (légumes).

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« Le tout-DPU nous mènera dans le mur », aime à répéter Jean-Michel Lemétayer. Autre sujet important : les suites du Grenelle de l’Environnement. « Tout en répondant aux attentes de la société, il est nécessaire de préserver la compétitivité de l’agriculture française dans un contexte européen », souligne le président de la FNSEA. Sur l’épineux dossier des OGM, la FNSEA appelle de ses vœux le vote de la loi sur les OGM, dans sa première version. « Cette loi est indispensable : il faut conclure cette pièce de théâtre », lance le président de la FNSEA visiblement exaspéré par « ce débat qui n’éclaire pas les Français ».

Une manifestation avec l’Ania

Autre sujet « super sensible » : le projet de loi sur la modernisation de l’économie qui est actuellement au Conseil d’État. L’objet de la colère de Jean-Michel Lemétayer : la non-obligation pour les grandes surfaces de facturer les services rendus aux fournisseurs en toute transparence. « S’il le faut, nous manifesterons avec l’Ania », prévient le leader de la FNSEA. Une manifestation devant l’Assemblée nationale lors du passage du projet de loi devant le Parlement est programmée si la situation n’évolue pas. Le leader de la FNSEA entend voir Nicolas Sarkozy à ce sujet. « On ne va pas se laisser faire notamment par un grand des GMS (Michel-Edouard Leclerc : ndlr) », prévient le leader de la FNSEA, décidément très combatif.