Qu’attendre de l’année 2004 en production porcine en France ? Elle ne saurait être plus mauvaise que les deux années précédentes, compte tenu de la baisse de production constatée au début de l’année, pouvait-on entendre jeudi 1 avril, lors de l’assemblée générale du marché du porc breton (MPB) à Ploufragan dans les Côtes d‘Armor.
En 2002, le curseur de prix du MPB, seul marché français en porcs vifs, s’était arrêté à 1,102 euro. Il a marqué en 2003 un nouveau recul à 1,027 euro, alors que le coût de revient se situe à 1,33 euro, selon les centres de gestion. C’est le deuxième cours annuel le plus bas de toute l’histoire du MPB -32 ans de cotations-, après le record de 1999 : 6,29 francs, soit 0,762 euros. Le début 2004 a semblé marquer une embellie chez des producteurs "usés par deux années de crise", a souligné le MPB. De 0,854 euro le kilo de porc vif le 5 janvier, la cotation bondissait de 35 % le 4 mars à 1,15 euro.
En attendant la hausse
Mais la morosité du commerce de la viande en France a depuis retourné la tendance haussière -1,045 euro le jeudi 1er avril-, et ce malgré le bon niveau des ventes pays tiers du fait de la réactivation du mécanisme des restitutions. Selon le directeur du MPB, Jean-Pierre Joly, les cours du porc repartiront tôt ou tard à la hausse. La production bretonne est en baisse d’environ 4 % depuis le début d’année (partie effet canicule). Et "les ventes d’aliments porcelets sur janvier et février –NDLR : ce sont les porcs charcutiers de l’été prochain- sont en chute de 12,55 % par rapport à la même période 2003 et de 4 à 6 points par rapport au dernier trimestre 2003", a souligné le MPB. A moins que les grandes nations porcines européennes, augmentent leurs ventes en France. Le Danemark et la Hollande inquiètent moins que l’Espagne qui affiche un niveau d’autosuffisance de 116% (105 % en France) avec une production de plus en plus importante. Les producteurs de la Péninsule ibérique ont produit en 2002 près de 38 millions de porcs, derrière l’Allemagne (40 millions), mais loin devant la France, troisième producteur de l’Union avec 27 millions. Logiquement, la forte consommation qu’ils font du cochon (73 kilos par habitant et par an, soit le double du Français !) laisse présager qu’ils exporteront toute augmentation de leur production. Mais en la matière, et dans toutes les analyses généralement, les plus grands prévisionnistes se sont parfois lourdement trompés, y compris dans les perspectives du marché porcin, a rappelé Jean-Pierre Joly.
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La représentativité en débat
Comme chaque année, le débat a un moment porté sur la représentativité du MPB. Le marché de Plérin, a commercialisé 10 % d’animaux supplémentaires en 2003 par rapport à 2002 (69 400/semaine, soit 26 % de la production régionale), a rappelé son président Jean-Jacques Riou. Mais certains veulent aller plus loin. Henri Le Gléau, président de Viaporc et vice-président d’Unicopa, s’est demandé sir le MPB était encore un marché de "confrontation" puisque " les abatteurs coopératifs achètent les cochons à des groupements qui sont souvent leurs actionnaires. La confrontation se situe en aval, entre le vif et les pièces".