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Journée de la femme Une agricultrice sur cinq considère le travail sur l’exploitation comme « subi »

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Exercer une activité professionnelle agricole sans l’avoir choisie, c’est le cas d’une femme sur 5 au sein des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. Une raison qui rebute ces dernières à s’engager dans une organisation agricole ou à briguer un mandat électoral, selon une étude réalisée à la demande des FRSEA des deux régions.

Le travail sur l’exploitation agricole serait une activité « subie » ou « plutôt subie » pour 1 femme sur 5, c’est ce que révèle une enquête sur l’engagement citoyen des agricultrices, commanditée par les FRSEA Aquitaine et Midi-Pyrénées. « Certes, cette étude a été réalisée dans seulement deux régions de France, mais je pense cependant qu’il ressort un certain nombre de vérités facilement transposables au niveau national », explique Cécile Morelli-Desdoigts, chargée de mission FNSEA pour la commission nationale des agricultrices. Pionnière en France, cette étude dévoile qu’une situation professionnelle non choisie ne serait pas propice à l’engagement au sein d’organisations agricoles, associations ou mandats électoraux. En effet, 42% des agricultrices interrogées n’ont aucun engagement. « Le but de cette enquête est de déterminer quels sont les freins à l’engagement des agricultrices », explique Sylvie Lafourcade, présidente de la commission régionale des agricultrices de la FRSEA Aquitaine.
Le métier d’agricultrice ne serait donc pas une vocation pour toutes, selon cette étude régionale financée par les conseils régionaux d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées, des délégations régionales aux droits des femmes et à l’égalité et des chambres d’agriculture de ces régions, de la MSA et du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. « Pour près d’une femme interrogée sur deux, l’activité agricole exercée est une conséquence de la reprise de l’exploitation familiale. Pour 1 sur 4, c’est le mariage », note l’étude. Une réalité quotidienne qui n’a rien à voir avec un projet personnel choisi et qui n’est donc pas propice à l’engagement citoyen au sein d’organisations agricoles par exemple, selon l’enquête.

42% des agricultrices interrogées n’ont aucun engagement
D’autres facteurs limiteraient également l’engagement féminin : le manque de temps (86% de réponses positives), la fatigue (61%), la fragilité économique de l’exploitation (44%) et le sentiment de culpabilité (32%).
Autant de raisons qui pourraient expliquer l’absence totale d’engagement pour 42% des agricultrices interrogées (55% en grandes cultures, 47% en bovins viandes, 36% en lait élevage et 32% en vigne) et le nombre restreint d’agricultrices ayant par exemple un mandat électoral (8%).
Au vu de ces résultats recueillis, les commanditaires de l’étude ont décidé de faire des propositions d’action aux élus des deux régions concernées. « Il faut réfléchir à la mise en œuvre d’un plan d’action », selon Gérard Mutolo, directeur général de la FRSEA Aquitaine. Des propositions qui portent sur la valorisation de la femme et de son engagement mais aussi sur les moyens pour inciter à l’engagement, pour s’engager et poursuivre l’engagement.

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