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Charcuterie Une année difficile pour les industriels

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Les Français sont restés fidèles à la charcuterie en 2008 malgré la crise mais le porte-parole des industriels, Robert Volut, s’est dit de la situation économique des entreprises qui n’ont pu répercuter la hausse des coûts de production pour maintenir un prix attractif pour le consommateur.

Selon le président de la fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viandes (Fict), les prix de détail de la charcuterie sont en légère augmentation (+1,7%) sur un an, à 9,24 euros/kg tandis que les prix sortie d’usine s’élèvent à 5,39 euros/kg (+4,1%). Ce faisant, les professionnels n’ont pas pu répercuter sur les prix au détail la hausse des matières premières viandes qui entrent dans la confection de la charcuterie, augmentation évaluée à +8,2% en 2008 et qui a entraîné une dégradation des résultats financiers des sociétés. La concomitance de l’application de la loi de modernisation de l’économie (LME) et de la survenue de la crise économique semble favoriser la baisse des prix au détriment de la qualité, du savoir-faire et du maintien de l’emploi dans le secteur des industries charcutières, a résumé le président Robert Volut en présentant les chiffres de la profession à la presse.

En 2008, la production des charcuteries a enregistré une légère augmentation en volume et une progression un peu plus soutenue en valeur Cf Agra alimentation n° 2059 du 26.03.09 page Une. Les 343 entreprises du secteur, soit 9 % de moins qu’il y a dix ans, et dont les effectifs (37 500 salariés) ont progressé dans le même temps de 11 %, ont vendu l’an dernier 1,380 million de tonnes de charcuteries et produits traiteurs (+1% par rapport à 2007). Leur chiffre d’affaires s’est élevé au total à 7,3 milliards d’euros, soit une croissance de +3,2% sur un an directement liée à l’augmentation des matières premières et des autres coûts de production.

La consommation à peine stable

En volume, la consommation à domicile a enregistré en 2008 une légère baisse (-0,4 %, après +1 % en 2007 et +1,7 % en 2006) et en valeur elle affiche une hausse de 1,3% (+2 % en 2007 et +2,3 % en 2008). La progression des ventes en libre-service (67 % du total) s’est ralentie à +0,8% (contre +3,1% en 2007), tandis que les ventes à la coupe ont continué de reculer (-2,7%, après -3,1 % en 2007).

Si l’ensemble des ventes en GMS ont diminué de 0,5%, la baisse a atteint 1,5 % en hypers et supermarchés et le hard discount a progressé au contraire de 2,9 %. Au rayon LS, les MDD « classiques » progressent de 7 % au détriment des marques de fabricants (-2,5 % en volume, -2,1 % en valeur) ; les marques hard discount continuent leur progression (+2,9 % en volume, +4,7 % en valeur) et les MDD « économiques » reculent (-7,5 % en volume, -6 % en valeur) malgré des prix très faibles.

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La charcuterie continue d’être achetée par la totalité des foyers français, chaque foyer en achète 47 fois par an, selon TNS Worldpanel.

Déficit extérieur alourdi

Les exportations françaises de charcuterie ont diminué de 0,3 % en volume et augmenté de 2,2 % en valeur. Principalement destinées à l’Union européenne, elles sont constituées de saucissons cuits ou à cuire (36 % des volumes, de préparations et conserves à base de porc (15 %) et de saucisses et saucissons secs (15 %). Dans le même temps, les importations ont beaucoup plus progressé (+12,9 % en volume, +10,4 % en valeur), composées pour l’essentiel de viandes séchées ou fumées (34 % du total) et de saucissons cuits ou à cuire (22%). C’est l’Allemagne qui a fait le plus forte percée (36 % des volumes, +5 points en un an).

En majorité, les résultats financiers se dégradent

Au total, les professionnels réunis au sein de la Fict sont inquiets car si les prix consommateurs ont peu évolué, le prix des matières premières et des consommables (énergie, transport, etc.) ont augmenté respectivement de 8,2% et de 10% pour l’énergie, 5% pour le transport et 3 % pour les salaires. Ces hausses n’ont pu être normalement répercutées et les résultats économiques ont été négativement impactés pour une grande majorité d’entreprises du secteur. Ceci dans un contexte où le résultat net après impôt avait déjà reculé à 0,9% du chiffre d’affaires en 2007 contre 1,2 % en moyenne depuis cinq ans, selon l’étude annuelle AND International, et le président de la Fict ne serait « pas surpris de voir ce chiffre retomber à 0,5 ou 0,6 % en 2008 ». Une perspective peu réjouissante sachant que le retour sur capitaux investis n’était déjà en 2007 que de 7,1 % avec une capacité d’autofinancement de 2,9 %. La valeur ajoutée représentait 19,9 % du chiffre d’affaires avec des coûts de personnel de 13,7 %.