Valorial a fêté son premier anniversaire, il y a quelques jours à Rennes, sans tambour ni trompette mais avec la satisfaction d’une première phase de lancement réussie. Avec un thème extrêmement porteur, l’aliment santé, le pôle de compétitivité breton a d’ores et déjà labellisé une quarantaine de projets innovants dont trente-trois purement privés.
Depuis l’annonce de la création du pôle de compétitivité de Rennes, « Valorial l’aliment de demain », le 12 juillet 2005, et la naissance officielle de la structure, le 14 octobre suivant, Valorial a pérennisé son organisation autour de six commissions thématiques : lait et ovoproduits, viandes – amont de la filière (1) –, microbiologie, ingrédients fonctionnels et nutrition santé.
Six commissions, mais huit délégués, un pour le lait, un pour les ovoproduits, deux pour la nutrition santé, tous ayant des responsabilités dans les centres techniques bretons – ils devraient être rejoints par deux autres délégués pour les légumes, et les emballages.
Exemples : le délégué de la commission « microbiologie », Dominique Thuault, dirige la recherche et de développement à Adria Développement (Finistère). Hors la commission viandes, Jean-Erik Blochet fait office de conseiller technologique à Zoopôle développement (Côtes d’Armor).
Les délégués établissent le premier contact avec les porteurs d’un projet innovant. Ils les accompagnent dans le montage du dossier. Par souci de confidentialité, les projets « privés » ne sont présentés qu’à des experts scientifiques et économiques. Le comité de labellisation (chercheurs et industriels) a en charge les projets d’intérêt collectif pour la filière, ou structurants pour le territoire.
18 projets Aliment-santé
A ce jour, Valorial a labellisé quarante-trois projets qui correspondent à un financement total de 21 millions d’euros. Trente-trois projets « privés » portent sur un investissement en recherche et développement de 14 M EUR dont 50 % de financement public – Oseo-Anvar –, exonérations fiscales et allègements de charges sociales pour les personnels affectés à la R & D.
Sans surprise, dix-huit projets sur les quarante-trois portent sur la nutrition santé, thème largement développé en France depuis la mise en place, en 2001, du PNNS (plan national nutrition santé) récemment relancé.
Axes privilégiés : la prévention de l’obésité ; le développement d’un ingrédient à propriétés satiétogènes ; la mise au point d’un complément alimentaire d’origine marine pour le traitement de pathologies oculaires, en particulier l’œil sec… Dans le domaine des viandes, un projet a pour objectif d’inventer un robot de détection en continu de salmonelles en abattoir. Ou encore dans les ingrédients, deux industriels mettent au point un process de traitement des céréales par l’ozone.
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Valorial a également labellisé cinq projets « collectifs » qui intéressent leurs propres filières et dont le financement sera assuré par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Enfin, cinq projets dits « structurants » font l’objet d’un financement partagé entre l’Etat et la Région.
Quarante-trois projets labellisés en un an, c’est le signe que Valorial est entré de plain-pied dans l’innovation. Une situation que tempère le président du pôle, l’industriel Michel Houdebine. « Il y a eu un afflux de projets qui mûrissaient hors de Valorial, a-t-il reconnu. Le tri a été fait et les projets traités. (…) Nous avons été dans une phase intermédiaire ».
Valorial s’inscrit désormais « dans une phase créative », poursuit M. Houdebine, avec des entreprises qui expriment de fortes attentes en recherche et innovation. La Bretagne agroalimentaire, si puissante avec ses 700 PME et ses 70 000 salariés (15,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a toujours investi dans l’innovation avec méfiance. Longtemps la priorité a été donnée à la massification.
Comme l’ont rappelé le président Houdebine et le délégué général de Valorial, Michel Pinel, les entreprises savent que seule l’innovation leur permettra de mieux répondre aux défis du XXIe siècle : concurrence internationale accrue, attentes des consommateurs et réglementations nouvelles en matière de santé.
Veille, diffusion et partenariats
Valorial veut donc agir dans plusieurs directions. Le pôle de l’aliment de demain a lancé un nouvel appel à projets innovants le 18 octobre 2006 pour attirer tous ceux qui n’ont pas encore franchi le pas. Dans les prochains mois, Valorial bénéficiera du soutien de la communication, au travers de lettres permanentes et d’une veille technologique, économique et réglementaire. Valorial veut par ailleurs développer les partenariats avec d’autres régions, en premier lieu les Pays de la Loire.
Enfin Valorial participera à l’avenir aux grands salons internationaux pour afficher tout son potentiel d’innovation. Dans le but que des investisseurs étrangers apportent en Bretagne leurs capitaux. Michel Houdebine rêve tout haut que la Bretagne devienne un jour un « cluster », territoire où se développe une puissante économie sectorielle par la conjugaison de ses forces d’initiative économique et de recherche.