Le 2 décembre 2015, la Commission européenne et le Vietnam ont officiellement conclu les négociations sur un accord de libre-échange (ALE). L'accord donnera à l'UE un accès à l'un des marchés les plus prometteurs d'Asie. Avec une croissance économique rapide, une population de 90 millions d'habitants et une classe moyenne de plus en plus importante, le Vietnam se présente comme un marché intéressant pour les exportateurs européens, notamment du secteur agroalimentaire.
« L'accord de libre échange UE/Vietnam est une bonne affaire pour le secteur agroalimentaire européen car il ouvrira des possibilités d'exportation importantes pour nos agriculteurs et nos entreprises », a souligné Phil Hogan, le commissaire européen à l'agriculture. Selon lui, le Vietnam est une importante économie émergente et l'accroissement des échanges devrait bénéficier aux deux parties. Le commissaire irlandais a insisté sur le fait que, grâce à cet accord, « les indications géographiques de l'UE, qui ont une renommée mondiale, bénéficieront d'un niveau élevé de protection ».
PRINCIPALES OPPORTUNITÉS DANS L'AGROALIMENTAIRE
Aux termes de l'accord de libre échange UE/Vietnam, le commerce agroalimentaire entre les deux partenaires devrait être libéralisé à hauteur de 99 % dans un délai maximum de 10 ans après son entrée en vigueur (prévue pour fin 2017 - début 2018). Les négociateurs européens ont ainsi pu obtenir de bons résultats, en particulier en ce qui concerne les secteurs offensifs de l'UE comme les vins et spiritueux (libéralisation complète en sept ans – actuellement le Vietnam applique des droits NPF, nation la plus favorisée, jusqu'à 55 %), les produits laitiers (de trois à cinq ans), les viandes (de trois ans pour le bœuf à dix ans pour la viande de poulet), fruits et légumes (de trois à cinq ans) et les produits agricoles transformés (de cinq à sept ans). Dans le même temps, l'UE a réussi à protéger certains secteurs sensibles qui ne seront pas entièrement libéralisés. Mais l'UE a dû offrir l'accès à certaines exportations vietnamiennes moyennant des contingents tarifaires (CT) pour le riz, le maïs doux, l'ail, les champignons, le sucre et les produits riches en sucre, la fécule de manioc, le surimi et le thon en conserve.
IGP EUROPÉENNES MIEUX PROTÉGÉES AU VIETNAM
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L'accord UE/Vietnam améliorera également la protection des indications géographiques (IG) représentant des produits agricoles phares de l'UE sur le territoire vietnamien, tels que le champagne, le roquefort, le parmesan (Parmigiano Reggiano), le vin de Rioja et le whisky écossais (scotch whisky). Au total, c'est une liste de 169 indications géographiques de l'UE qui pourront bénéficier d'un niveau élevé de protection directement à travers l'accord. Les IG européennes auront aussi la possibilité de coexister avec des marques déposées antérieurement au Vietnam. De même, les IG européennes ne pourront ni devenir des produits génériques ni être unilatéralement invalidées par l'autre partie. De leur côté, les IG vietnamiennes seront également reconnues en tant que telles au sein de l'Union et la promotion d'importation de produits de qualité, tels que le thé M c Châu ou le café Buôn Ma Thu t, bénéficiera donc à l'avenir d'un cadre adéquat.
PROCHAINES ÉTAPES
L'Accord de libre échange avec le Vietnam, après celui déjà signé avec Singapour en 2014, est le deuxième à être négocié avec un partenaire en Asie du Sud-Est. L'UE a également un accord de libre échange avec la Corée du sud (en vigueur depuis juillet 2011). Le texte de la future zone de libre-échange UE/Vietnam devrait être rendu public prochainement. L'étape suivante sera l'examen juridique et la traduction du texte intégral, lequel sera complété par sa ratification par le Conseil des ministres de l'UE et le Parlement européen, avec entrée en vigueur probablement vers la fin de 2017 ou début 2018.
En 2014, le commerce global (importations et exportations) des produits agricoles et alimentaires entre le Vietnam et l'Union européenne valait plus de 2,7 milliards d'euros –avec des exportations de l'UE d'une valeur de 817 millions d'euros et des importations de produits vietnamiens d'une valeur de 1,903 milliard d'euros. À l'heure actuelle, les principales exportations de l'UE comprennent les aliments pour nourrissons, le malt et les aliments pour animaux. Dans le même temps, l'UE est le deuxième marché d'exportation le plus important pour le Vietnam en particulier pour les produits tels que le café, les noix de cajou et les poivrons. Le Vietnam bénéficie déjà du statut SPG (Système de préférences généralisées), c'est-à-dire qu'il bénéficie de certains droits à l'importation plus faibles sur les marchés de l'UE.