A l’occasion des Culturales 2009, le service des études économiques d’Arvalis a fait le point sur l’intérêt des différents systèmes de culture testés dans les essais longue durée mis en place sur la ferme expérimentale de Boigneville. Le mode de production biologique tire plutôt bien son épingle du jeu.
Parmi les systèmes conduits en bio, en production intégrée, raisonnée, simplifiée ou en monoculture, lesquels sont les plus rentables ? C’est la question à laquelle se sont efforcés de répondre les ingénieurs du service des études économiques d’Arvalis, lors des Culturales 2009 organisées à Boigneville les 3 et 4 juin. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur la gigantesque base de données que représentent les 5 essais longue durée menés depuis 1990 par l’institut sur son site francilien (voir encadré). Première conclusion : à prix identiques pour tous les systèmes hormis en bio, mode de production qui bénéficie d’une valorisation par le marché, « les produits bruts sont en moyenne équivalents », a souligné Clotilde Rouillon, ingénieur du service économie, lors d’une conférence organisée le 3 juin. Toutefois, « le bio et l’intégré ont une sensibilité interannuelle plus faible », a-t-elle précisé. Autrement dit, ces systèmes apparaissent « plus stables au fil du temps », selon l’ingénieur. Pour l’instant, les systèmes en bio et en intégré semblent par exemple mieux résister que les autres à l’accroissement de variabilité des prix observée depuis 2006. Ils ont un autre avantage : parce que les charges opérationnelles y sont moins fortes, les marges directes sont plus élevées. En mode bio, celle-ci est proche de 700 euros/ha, contre un peu moins de 600 euros/ha pour une monoculture de blé.
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« Il y a plusieurs manières de produire »
Demain, la conduite en bio devrait continuer à tirer son épingle du jeu. Les différents systèmes seront tous affectés par la baisse des aides prévues dans le cadre du bilan de santé de la Pac. Arvalis évalue à quelque 90 euros/ha la réduction de marge directe pour chacun d’entre eux… sauf pour le bio. Moins aidé donc moins affecté, ce système s’en sort avec une baisse de marge directe de 53 euros/ha seulement. Les charges opérationnelles, qu’Arvalis pronostique en hausse du fait de la progression du prix des intrants, vont de leur côté venir affecter un peu plus les marges des systèmes utilisant davantage d’engrais ou de produits phytos. La monoculture de blé sera donc particulièrement affectée, les conduites en intégré ou en raisonné également. Seconde conclusion : dans un contexte de prix variables, il faut donc chercher à éviter la monoculture et diminuer la dépendance de son système vis-à-vis des intrants. Pour cela, pas de recette unique. « Il y a plusieurs manières de produire », estime Philippe Viaux. Exemple : conduire un système en bio demande plus de technicité qu’en monoculture, ce qui ne convient pas à tout le monde. Mais à l’inverse, opter pour un système simplifié exige d’avoir une surface autorisant l’optimisation des charges de mécanisation, soit 720 ha, pour Arvalis. A chacun de trouver sa propre voie, donc…. En gardant en tête certains fondamentaux : « Il y a un suréquipement chronique des exploitations », a par exemple rappelé Philippe Viaux.