« C’est une bonne nouvelle pour l’agriculture», commente Mariann Fischer Boel dans un communiqué publié après l’adoption du « paquet » énergie par la Commission européenne. « Donner un coup d’accélérateur à la production de bioénergie pourrait créer jusqu’à 300 000 nouveaux emplois à travers l’Europe, dont beaucoup dans les zones rurales », estime la commissaire à l’agriculture.
« La Pac encourage déjà les exploitants à cultiver les plantes énergétiques. Le découplage des aides directes de 2003 a montré la voie en leur permettant de fonder leurs décisions sur les signaux du marché et non sur les plus grosses subventions », souligne-t-elle.
Après avoir rappelé les dispositions agricoles de l’UE en faveur des cultures énergétiques – prime de 45 euros/ha, complément national autorisé à hauteur de 50 % pour financer la mise en œuvre de cultures permanentes sur les superficies éligibles à cette prime, maintien du régime pour l’utilisation des terres en jachère à des fins non alimentaires – Mme Fischer Boel explique que le développement des bioénergies « fera du transfert de la production vers des matières premières pour les énergies renouvelables une alternative viable pour les agriculteurs affectés par la réforme du secteur du sucre et l’abolition prévue de l’intervention sur le maïs ».
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La commissaire européenne se dit par ailleurs « très intéressée par la seconde génération de biocarburants », tout en avertissant que, « si nous attendons (celle-ci) pour sauter dans le courant, un temps précieux sera perdu et nous n’atteindrons pas l’objectif ». C’est pourquoi, selon elle, « nous devrions agir maintenant, et investir déjà dans la première génération».
A propos des effets négatifs potentiels d’un accroissement de la production de biocarburants sur l’environnement, Mme Fischer Boel rappelle que la conditionnalité des aides directes garantit que les dommages résultant de l’activité agricole, y compris les cultures énergétiques, est « limitée ». Toutefois, poursuit-elle, « dans le cadre de la révision de la directive sur les biocarburants, la Commission analyse actuellement la possibilité d’instaurer un système permettant d’assurer que les biocarburants proviennent de matières premières dont la culture respecte les normes environnementales ».
« Je crois qu’il y a dans notre secteur agricole la place à la fois» pour la production d’aliments et celle de biomasse, conclut la commissaire européenne. « Nous pouvons garantir la sécurité alimentaire tout en offrant à nos agriculteurs de nouveaux débouchés attractifs pour leur production ». « Cela signifie bien entendu que certains de nos besoins en bioénergie devront être couverts par les importations», ajoute-t-elle.