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FranceAgriMer Une campagne céréalière 2011/2012 qui devrait être tendue

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Lors d'une conférence de presse, le 13 septembre à Montreuil, les représentants de FranceAgriMer ont fait le point sur la moisson française de céréales en 2011 et la campagne de commercialisation 2011/2012. Celle-ci devrait se terminer sur des niveaux de stocks particulièrement bas en France en raison de niveaux d'utilisation et d'exportation soutenus face à des disponibilités françaises plutôt en baisse.

 

«La collecte française de blé tendre atteindrait les 29,8Mt en 2011/2012 », a indiqué Xavier Rousselin, responsable marchés des grandes cultures chez FranceAgriMer, le 13 septembre à Montreuil, lors d'un point sur la moisson céréalière 2011 et la campagne de commercialisation 2011/2012. Au total, la récolte française de blé tendre atteindrait les 33,4Mt, dont 20Mt, soit 60% seraient de qualité meunière supérieure, selon FranceAgriMer.

Le blé prend des parts de marché au maïs
La collecte prévisionnelle est en baisse en blé tendre par rapport à l'an dernier en raison d'une hausse attendue des utilisations à la ferme de 1Mt. De plus, pour le moment, le blé est la culture la plus compétitive pour l'alimentation animale, que ce soit en autoconsommation ou chez les fabricants. C'est pourquoi Xavier Rousselin a estimé qu'en France une hausse de 30% des incorporations de blé en alimentation animale devrait être observée cette année, les volumes passant de 4,3Mt à 5,6Mt. Ces utilisations se faisant au détriment du maïs et de l'orge, cultures nettement moins compétitives cette année. En revanche, les expéditions françaises de blé tendre vers l'Union européenne sont attendues en légère baisse à 6,38Mt, contre 6,681Mt en 2010/2011. Cette tendance est liée, selon lui, au retour de l'Allemagne sur les marchés nord-européens. Vers en pays tiers, les exportations de blé tendre tomberaient à 8Mt, contre 12,9Mt sur la campagne précédente. Les réductions touchant principalement les destinations comme l'Egypte ou le Yemen. Enfin le stock de report prévisionnel s'établirait à 2,258Mt, en baisse de 22,9% par rapport à la campagne précédente, ce qui constitue un bilan blé serré. « L'export de 1,5Mt fin août vers l'Algérie montre que les exportations se portent bien avec une demande bien présente », a commenté Xavier Rousselin.

Un maïs français compétitif à l'exportation
En maïs, la production en grain est attendue à 14Mt. Les utilisations se replieraient en amidonnerie, avec une hausse attendue des utilisations de blé. Les fabricants d'aliments du bétail n'utiliseraient cette année que 2,9Mt, en baisse de 16% par rapport à la dernière campagne. En revanche, les exportations françaises vers l'UE progresseraient en raison d'importations de maïs brésiliens et argentins très limitées sur 2011/2012, les prix n'étant pas compétitifs. De plus une forte demande du nord de l'Europe, mais aussi de la péninsule ibérique, devrait tirer les exportations de maïs français, a souligné Xavier Rousselin. Selon lui, l'Ukraine, malgré une forte progression de sa production de maïs grâce aux OGM, ne sera pas forcément un concurrent sur le marché européen car la qualité de sa production ne convient pas à ce débouché pour le moment. Globalement on devrait assister à une hausse des exportations de maïs depuis l'UE, qui est plus compétitive que les productions américaines d'après Xavier Rousselin. Selon lui, les expéditions françaises vers pays tiers atteindraient les 350 000t, notamment vers l'Algérie qui a déjà acheté 100 000t le 12 septembre dernier. Les stocks de report en maïs toucheraient les 1,936Mt. « Un niveau parmi les plus faibles depuis bien longtemps en raison d'un marché tendu par des prix élevés », a souligné Xavier Rousselin.

Des baisses de productions et de stocks en orge et en blé dur
En orge, la production française avoisine les 8,9Mt, en baisse de 12% par rapport à la récolte 2010, principalement suite aux fortes baisses de production sur les variétés de printemps ayant souffert de la sécheresse. Si les utilisations intérieures doivent rester stables, les expéditions françaises vers l'UE pourraient baisser de 18% à 3,6Mt en raison d'une bonne récolte en Espagne a expliqué Xavier Rousselin. Vers pays tiers, les estimations montrent que 700 000t pourraient être exportées, une baisse de 40% liée au retour de l'Ukraine qui devrait alimenter le bassin méditerranéen. Le stock de report atteindrait un niveau « minimum » de 780 000t, en baisse de 45% par rapport à 2010/2011. Enfin, la production de blé dur atteindrait les 2,023Mt, en baisse de 20% par rapport à 2010/2011 en raison d'une baisse des rendements et des surfaces. Avec des utilisations intérieures inchangées à 500 000t, Xavier Rousselin a estimé un surplus exportable de 1,7Mt, dont 650 000t à destination de l'UE et 850 000t vers pays tiers. A la fin de la campagne 2011/2012 le stock de report français en blé dur devrait être très faible à 65 000t.

 

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