Abonné

Bien-être animal Une campagne contre la viande de lapin

- - 3 min

L’association de lutte pour la protection animale, L214, vient de réaliser un DVD dans lequel elle dénonce les conditions d’élevage des lapins en France et dans l’Union européenne. Le DVD doit être adressé dans les prochaines semaines aux grandes et moyennes surfaces françaises, afin de les inciter à retirer la viande de lapin de leurs linéaires.

Quelques adhérents, une caméra et une liste d’adresses... Il n’en faut pas plus à l’association L214 pour lancer une campagne dénonçant les conditions d’élevage de lapins destinés à la consommation. Présenté le 16 avril à la presse, le DVD présente la vie des lapins d’élevage de batterie, de la naissance à l’abattoir, à partir d’images tournées en France et dans 6 autres pays de l’Union européenne : Allemagne, Italie, Autriche, Slovaquie, République Tchèque et Hongrie. Le document dénonce les cages exigües sur sol grillagé (source de lésions), l’élimination à la naissance des lapereaux faibles ou surnuméraires, l’importance des traiements vétérinaires (antibiotiques...) et les conditions d’abattage.

« En France, on a visité une dizaine d’élevages professionnels et des abattoirs, dans les Pays de la Loire, en Bretagne, dans le Nord, en Alsace » explique Sébastien Arsac, porte-parole de L214. « On a filmé en présentant notre démarche comme un reportage » avoue-t-il, seule manière - selon lui - de pouvoir obtenir des images.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L’objectif du DVD, composé de deux petits films et des rush de tournage, est de sensibiliser le consommateur et de pousser les distributeurs à retirer la viande de lapins de leur rayon « boucherie ». « On demande également que l’Etat réoriente les soutiens aux professionnels vers la reconversion ou la cessation d’activité pour cette filière qui n’a pas d’avenir » poursuit le porte-parole de L214. L’association a-t-elle fait visionner son DVD aux éleveurs et aux abatteurs ? Non. Les porte-paroles de L214 estiment tout entente impossible. « On a rencontré l’interprofession du lapin en janvier et, a priori, ils n’envisagent pas l’avenir sans les cages. Nous ne faisons pas confiance à la filière car c’est une remise en cause totale (des modes de production) qu’on leur propose, renoncer au tout hors-sol » ajoute Brigitte Gothière, autre porte-parole.

Les défenseurs des lapins espèrent convaincre certains distributeurs à infléchir leur attitude à l’égard de la viande de lapin. Un combat auquel ils ont renoncé pour le foie gras compte tenu de l’importance du chiffre d’affaires réalisé sur ce produit par les enseignes au moment des fêtes. Avec le lapin, une marge de manoeuvre est possible estime L214, le lapin représentant à peine 1% des ventes de viande en France.