Abonné

Une capacité à anticiper

- - 2 min

En France, la production de sucre a fortement reculé au cours des quatre dernières années. La consommation globale s’est, pour sa part, inscrite à la hausse en 2002/03 après une campagne 2001/02 en recul. La reprise de la consommation est imputable, pour l’essentiel, à la croissance de la demande des industries agroalimentaires et des industries chimiques. Les débouchés industriels de sucre tendent à augmenter : leur poids a été porté de 70 % pendant la campagne 1990/1991 à 78 % pendant la campagne 2001/2002. Pour sa part, la consommation de sucre de bouche à domicile ou dans le circuit des cafés, hôtels, restaurants s’est stabilisée après deux campagnes 1999/2000 et 2000/2001 en net repli. Les restructurations ont une nouvelle fois remodelé le paysage industriel du secteur. 34 usines en 2003 contre 38 lors la campagne 1999/2000 ont contribué à la production de sucre. 17 entreprises françaises (DOM compris) se partagent le marché. A titre de comparaison, l’industrie allemande compte 12 entreprises pour 32 usines et l’Italie 9 entreprises pour 22 usines. D’après la CFE-CGC de l’agroalimentaire (confédération française de l’encadrement), les sucreries françaises vont être amenées à réduire leur prix de revient par une amélioration de leur productivité avant l’échéance de 2006. A moyen terme, la fédération anticipe une réduction du tissu industriel. 27 sucreries (contre 34 en 2003) pour 3 500 salariés, sont susceptibles de subsister.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Face aux échéances à venir, la filière sucrière française bénéficie d’une grande capacité d’adaptation. Celle-ci s’explique par la forte rentabilité du secteur, sa remise en cause permanente et sa capacité à anticiper dont elle a fait la démonstration à travers ses investissements dans les groupes sucriers brésiliens. La reprise de Béghin-Say par la coopération, qui représente désormais 70 % de la production hexagonale, marque le début de la nouvelle phase de restructuration. Alors que l’Europe est loin d’atteindre le niveau de concentration des pays comme les Etats-Unis et l’Australie. il pourrait, d’ici une dizaine d’années, n’y subsister que deux ou trois intervenants.