Une nouvelle chaire d’enseignement et de recherche démarre à HEC à l’instigation du groupe Danone sous la présidence de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, et de Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. L’école de management sera ainsi dotée d’une chaire « Social business/Entreprise et pauvreté » qui a été présentée le 5 décembre à Paris en présence de Franck Riboud, p.-d.g. du premier groupe alimentaire français.
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Une occasion de rappeler les expériences lancées en commun par la Grameen Bank de Muhammad Yunus et Danone dans le cadre de la société Grameen Danone Foods A noter que Danone.communities franchit maintenant une nouvelle étape et investit dans deux entreprises à vocation sociétale au Cambodge et au Sénégal. Ces projets seront présentés à la presse le 18 décembre à Paris par Emmanuel Marchant, directeur général délégué de Danone.communities, François Jaquenoud, fondateur de «1001 fontaines pour demain», et Bagoré Bathily, fondateur et président-directeur général de «La Laiterie du Berger». Cf Agra alimentation n°1921 du 16.03.2006 p.24. Emmanuel Faber, directeur général délégué de Danone, a estimé à 70 millions d’euros les fonds déjà collectés auprès du public par la SICAV Danone Communities et confirmé qu’un premier investissement industriel avait été réalisé au Bengladesh pour 1 million de dollars (investis à 50-50 par la banque de micro-crédit Grameen et par Danone). Une deuxième usine serait en outre déjà en vue, a-t-il annoncé. Pour Franck Riboud, faire du social tout en faisant du business n’est pas une totale nouveauté mais il voudrait croire à la vertu pédagogique de son expérience qui, à ce jour, n’est pas encore enseignée dans les livres de gestion. Or, a-t-il déclaré, « si l’entreprise est acteur d’exclusion, si elle ne se demande pas comment contribuer à la réduction de la pauvreté, elle ne créera pas les conditions de la croissance future de la consommation. Et là où la pauvreté se développe, mes perspectives de croissance s’amenuisent ». Le patron de Danone en a profité pour déplorer la trop grande financiarisation de l’entreprise comme si « sa seule utilité était de maximiser la valeur pour ses actionnaires », ce qu’elle ne pourra faire longtemps si elle néglige son utilité sociale, si ses produits ne sont pas bons, ses salariés pas épanouis, ses fournisseurs maltraités et si elle dégrade l’environnement. Etre profitable et pouvoir « rémunérer ses actionnaires est un moyen, pas une fin ». Sinon, pourquoi pas en effet maximiser cette rémunération jusqu’à des 15, 20 ou 25 %, mais c’est ce qui a mené tout droit à la crise financière d’aujourd’hui. Ainsi Franck Riboud ouvre-t-il un débat dont pourraient s’emparer les enseignants et les chercheurs sur le meilleur « réglage » à trouver entre les intérêts des différentes parties prenantes, sur l’équilibre entre des enjeux et contraintes apparemment contradictoires à court terme mais qui peuvent converger en fait sur le long terme. D’où sa décision récente de partager les bonus des dirigeants en trois parts égales, une pour l’économique, une pour le management et une pour le sociétal.