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Viandes Une Charte anti-fraude pour les filières viandes

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Quatre mois après la réunion de crise sur la viande de cheval, les filières viandes ont proposé une Charte anti-fraude et un Code de qualité qui ont été validés par les pouvoirs publics le 21 mai.

«La Charte anti-fraude proposée par les professionnels de la viande est validée par les pouvoirs publics », a déclaré Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, le 21 mai à Paris. Elaborée par l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), elle est basée sur un engagement volontaire des entreprises et doit déjà leur être diffusée. « Ce sont des recommandations sur les autocontrôles et les contrôles de qualité au sein des entreprises », explique la Fédération nationale porcine (FNP) déplorant au passage que le sujet de fond sur l’étiquetage de l’origine n’a été que peu évoqué par l’Ania. Concrètement, la Charte anti-fraude consiste à rappeler la réglementation concernant les documents qui doivent accompagner les produits du champ à l’assiette et à renforcer les contrôles visuels et organoleptiques des produits. Les pouvoirs publics français voient plus loin et souhaitent proposer une Charte anti-fraude à l’échelle européenne au niveau de la Commission. Par ailleurs, Benoît Hamon, ministre de la Consommation, a rappelé que depuis la crise de la viande de cheval, les filières viandes et poissons sont sous surveillance des agents de l’autorité de la Concurrence. « Ces contrôles courent au moins jusqu’à fin 2013. Ils pourraient se poursuivre en 2014 », affirme-t-il. Ces contrôles ponctuels sur la qualité des viandes s’accompagnent d’une proposition des professionnels d’améliorer le Code des usages qui est un code de qualité sur l’utilisation des viandes. « Jusqu’à présent, les règles étaient floues, beaucoup trop floues », a répété Guillaume Garot. Le renforcement du code est incontournable. Il concerne toutes les viandes utilisées dans les plats préparées : le bœuf, le porc, le veau, le mouton, la volaille. Ce code de qualité amélioré sera, lui, effectif à la rentrée 2013.

Être utile au consommateur

Ces initiatives prises à l’intérieur des frontières françaises doivent être portées à l’échelle européenne, d’autant que le « horsegate » implique bon nombre d’Etats membres. « L’Union européenne doit saisir l’opportunité d’être utile au consommateur », explique Benoît Hamon. Alors que l’UE est en perte de légitimité aux yeux des citoyens européens, les autorités françaises répètent qu’engager des réformes pour un étiquetage transparent de l’alimentation redonnerait confiance au consommateur. Dans ce contexte, les ministres français Guillaume Garot, Stéphane Le Foll et Benoît Hamon, en anticipant à l’échelle nationale, espèrent aussi que la Commission européenne avancera sur l’étiquetage de l’origine des viandes et la mise en place d’un réseau européen anti-fraude. La FNP rappelle qu’à l’échelle de l’UE, l’étiquetage de l’origine nationale des viandes n’est pas gagné. « Nous souhaitons que l’étiquetage de l’origine nationale soit retenue. Mais les pays du Nord de l’Europe (Danemark, Allemagne, Pays-Bas) et l’Espagne s’y opposent, préférant la mention “UE”», explique-t-on à la FNP. Ces pays, fortement exportateurs de porcs vivants, craignent les répercussions sur leurs ventes en France par exemple, s’il n’était pas mentionné « Origine France ». Les Français sont aux côté de l’Italie et du Portugal dans ce projet de mention de l’origine nationale. Outre-Manche, l’opinion est moins tranchée. « Au sommet de la crise de la viande de cheval, les Anglais étaient clairement du même côté que nous. Mais aujourd’hui, c’est silence radio », déplore Benoît Hamon en sortant de la réunion du 21 mai. Fin 2013, Bruxelles devrait faire des propositions sur l’étiquetage de l’origine des viandes dans les produits élaborés notamment.

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