Abonné

Agroéquipement Une conjoncture détériorée en 2014, meilleure en 2015

- - 4 min

Les professionnels de l'agroéquipement, qui ont annoncé le 16 octobre une nouvelle détérioration de la conjoncture du secteur au second semestre 2014, se montrent « moins pessimistes » pour 2015. Ils voient dans le coup de frein actuel un retour à des niveaux d'investissement « plus justes ».

«ON va baisser probablement » et « revenir à des niveaux raisonnables, des choses plus justes », a expliqué Raphaël Lucchesi, président du Syndicat national des entreprises de services et distribution du machinisme agricole (Sedima) lors d'une conférence de presse. « Quand les récoltes et les cours sont bons, les agriculteurs investissent (...). Aujourd'hui, ils ne sont pas forcément très pessimistes mais ils ignorent à quelle sauce ils vont être mangés », a poursuivi Patrick Perard, président de l'Union des industriels de l'agroéquipement (Axema). Depuis trois ans, le secteur connaissait des rythmes de croissance élevés pour atteindre en 2013 le chiffre record de 8,5 milliards d'euros d'investissement en matériels. Entre 2010 et 2013, il a connu un bond d'environ 30 %.

L'an prochain encore dans le rouge

Axema mesure le pessimisme de l'année en cours dans une enquête sur l'évolution du chiffre d'affaires : le solde d'opinion passe à - 42 % au deuxième semestre 2014 (contre - 25 % au premier), mesurant la différence entre la proportion des industriels indiquant une hausse des ventes et celle indiquant une baisse. Un sentiment très perceptible pour les matériels d'arrosage et de protection (-83 %), de travail du sol (-67 %), les tracteurs (-60 %), pas pour les matériels viti-vinicoles (+38 %). Côté distributeurs, le solde d'opinion passe à - 70 % au second semestre (contre - 47 % au premier). Cependant, un bond d'une vingtaine de points est noté pour 2015, également chez les industriels, cette année restant néanmoins dans le rouge. L'enquête décèle une prévision de baisse du chiffre d'affaires chez 44 % des industriels et 52 % des distributeurs. Malgré ces sombres prévisions, les syndicats de professionnels ne sont pas alarmistes. « Le marché devient plus tendu, mais beaucoup s'y sont préparés, a déclaré Patrick Perard. 2015 est abordée avec une relative sérénité, malgré la conjoncture plus difficile. » D'ailleurs une enquête de la Commission européenne, menée en 2013 et publiée seulement à la rentrée, montre que 67 % des agriculteurs français comptent investir entre 2014 et 2020, 76 % de leurs homologues allemands, mais seulement 28 % des Italiens.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Haro sur le chiptuning

Phénomène en vogue, le chiptuning inquiète les industriels et distributeurs de l'agroéquipement, qui mettent en garde sur les dangers pour l'utilisateur. « La pratique devient courante, a souligné le président d'Axema Patrick Perard. Il s'agit de ne pas laisser faire : on ne sait pas où ça s'arrête (…). Les conséquences peuvent être importantes, notamment en termes de garanties du constructeur. » Le chiptuning consiste par exemple à modifier la carte à puce du tracteur pour rouler à 65 km/h au lieu de 40. « Cela pose un problème de responsabilité de l'utilisateur en cas d'accident », a aussi mis en garde le président du Sedima Raphaël Lucchesi.

Vols de tracteurs : constructeurs et vendeurs cherchent la parade

LES professionnels de l'agroéquipement réfléchissent à des solutions de protection et d'identification des tracteurs pour faire face à la recrudescence de vols dans les campagnes. Une réunion avec la gendarmerie sur le sujet est d'ailleurs prévue début novembre, a annoncé Axema. « Le sujet devient important » et « une réflexion est en cours pour voir comment protéger nos parcs », a expliqué le président du Sedima Raphaël Lucchesi. Le codage des clés est notamment envisagé, même si la solution rebute encore bon nombre d'agriculteurs.