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Partenariat national Une démarche globale et cohérente pour l’industrie agroalimentaire

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Dressant les contours du futur « partenariat national » pour les industries agroalimentaires, le secrétaire d’Etat à l’Alimentation, Nicolas Forissier, a souligné la nécessité de corriger les fragilités structurelles du secteur avant qu’elles ne deviennent de vraies difficultés. Un état des lieux doit être présenté au Sial, avant que soit défini un plan d’actions pour la fin du premier semestre 2005.

Cette fois, les jalons du grand plan national pour l’industrie agroalimentaire sont bel et bien posés. Depuis l’appel lancé en décembre dernier par Philippe Mangin lors de la création de Coop de France, et la promesse du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin de lui donner satisfaction, l’on se contentait de déclarations sur le cheminement du projet. Le 8 juillet, un grand pas a été franchi avec l’installation du comité de pilotage, « lieu de synthèse et de validation » des réflexions engagées au sein de sept groupes de travail, auxquels, du reste, les industriels sont invités à participer en plus grand nombre. Et si les sujets à débattre – financement des entreprises, innovation, internationalisation ou formation – donnent déjà lieu à réflexion dans d’autres murs, le secrétaire d’Etat à l’Alimentation, Nicolas Forissier souligne son souci d ‘« une démarche globale et cohérente», et « pas seulement fractionnée filière par filière ».

Des faiblesses structurelles

Il est significatif aussi pour la philosophie du projet, qu’il soit rebaptisé de « plan » en « partenariat » national car la démarche doit être menée en concertation avec les entreprises, leurs filières et leurs organisations représentatives, ainsi qu’avec la profession agricole, fait valoir le ministre. Après tout, l’avenir de l’agriculture est étroitement lié à la santé de l’industrie agroalimentaire, qui en représente 70 % des débouchés. Or, pour performante qu’elle soit, cette industrie, la première en France, doit « anticiper et aller plus loin». Elle connaît des faiblesses structurelles qu’il convient de corriger avant qu’elles ne deviennent de vraies difficultés, avertit Nicolas Forissier.

Soulignant que la démarche ne se fait pas dans l’urgence mais dans un mouvement à long terme, il entend que soit dressé un état des lieux et mis en perspective les enjeux posés à l’industrie agroalimentaire. Cette première étape devrait être menée à terme pour le « rendez-vous incontournable » du Sial. Dans une deuxième phase, un plan d’actions sera défini, qui devrait être opérationnel à la fin du premier semestre 2005.

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Des fragilités

A propos des thèmes de réflexion soumis aux groupes de travail, le secrétaire d’Etat a rappelé quelques chiffres qui justifient ces choix. Concernant l’aide au financement des entreprises et à leur développement économique, il fait valoir que huit entreprises du secteur sur dix sont des PME de 20 à 250 salariés. Se refusant pour l’heure à aborder la question des moyens, il rappelle cependant que des outils existent déjà, en particulier au sein de la BDPME.

Si la France est le deuxième exportateur mondial derrière les Etats-Unis, 37 % des petites et moyennes entreprises ne sont pas présentes à l’international, remarque Nicolas Forissier : « Il existe un bon dispositif d’aide à l’exportation, mais peut-être n’est-il pas assez tourné vers les PME». Le ministre, qui a présidé Ubifrance, se propose désormais de poursuivre les réformes, en envisageant, pourquoi pas ?, des synergies entre cet organisme et la Sopexa.

Quant au sujet de l’innovation et de la recherche, alors que 80 % des produits qui seront sur le marché dans dix ans ne sont pas encore connus, il s’agit là d’un « sujet majeur lié au problème de financement des entreprises », observe-t-il. Or l’industrie agroalimentaire consacre 1,3 % de sa valeur ajoutée à la recherche-développement, quand les autres secteurs lui en dédient 6 %.