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Fruits Une dérogation pour une molécule d’éclaircissage des pommiers

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Les arboriculteurs ont obtenu du ministère de l’Agriculture le 5 mars une dérogation pour utiliser provisoirement une molécule d’éclaircissage des pommiers (pour éviter la surcharge des arbres en fruits).

Les arboriculteurs ont obtenu du ministère de l’Agriculture le 5 mars une dérogation pour une molécule d’éclaircissage des pommiers, a-t-on appris auprès de la Fédération nationale des producteurs de fruits. Du fait de cette dérogation, cette molécule, appelée « 6BA », est commercialisable et utilisable pendant 120 jours à compter du 5 mars, en remplacement d’une molécule interdite par l’UE en octobre 2008, le carbaryl.

En l’absence de toute autre solution viable

« Les dérogations sont obtenues quand il n’existe aucune molécule de remplacement ou de solution mécanique alternative », rappelle Emmanuel Demange, le directeur de la FNPF.

De fait, depuis l’interdiction du carbaryl, il n’existe aucun autre moyen d’éclaircir les arbres, procédé qui consiste à faire tomber une partie des fleurs pour éviter une surcharge de l’arbre en fruits, confirme-t-on au ministère de l’Agriculture. Des arbres trop chargés produiraient des fruits de petits calibres, impropres aux cahiers des charges de la distribution, d’où la nécessité de procéder à ce traitement, rappelle-t-on à la FNPF. Quant à l’éclairicissage manuel, il multiplierait les prix des pommes à un niveau tel qu’elles seraient invendables, ajoute-t-on. La FNPF a fait valoir depuis janvier dernier cet enjeu économique et les distorsions de concurrence avec les principaux compétiteurs de la France sur le marché de la pomme, si aucune solution n’était trouvée. La 6BA est en effet utilisée en Italie, Allemagne, Pays-Bas, Pologne. Il s’agit pour le moment de la seule dérogation demandée par les producteurs de fruits français.

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En l’occurence, la dérogation ne concerne qu’un produit sous lequel la molécule 6BA est commercialisée, le Maxcel, de provenance italienne. Les producteurs de fruits sont satisfaits de cette dérogation, qui leur permet de passer le cap cette année. Mais ils regrettent que la dérogation ne concerne pas aussi un autre produit, l’Excilis, sous lequel la 6BA est commercialisée, a précisé Charlie Gautier, responsable des questions d’environnement à la FNPF.

Pour les années qui viennent, les producteurs espèrent l’homologation de la molécule en juin prochain, si, comme cela devrait se passer, les fabricants la présentent à l’inscription.