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Santé Une enquête démontre une exposition supérieure des salariés viticoles aux pesticides

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Les salariés viticoles seraient particulièrement exposés aux produits phytosanitaires, dénonce Générations futures, une association connue pour sa lutte contre les pesticides, à travers l’enquête Apache présentée le 19 février. L’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) conteste cette étude qui « vise à faire peur », indique le syndicat.

Les salariés viticoles seraient onze fois plus exposés aux pesticides que les populations vivant loin des vignes. C’est ce que révèle l’enquête Apache, réalisée par l’association Générations futures et le laboratoire Kudzu Science, à partir de prélèvements de cheveux. Présenté lors d’un conférence de presse le 19 février, ce travail a visé un échantillon de 15 salariés issus de cinq domaines viticoles de la commune de Listrac-Médoc, en Gironde et cinq riverains domiciliés très loin de ces vignes (sans précision de distance), dans la période du 15 octobre au 15 novembre 2012. « Quatre des quinze salariés présentaient dix pesticides différents », a souligné François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Parmi les molécules décelées, toutes autorisées sauf une, le diuron, retrouvée chez une seule personne, dix seraient classées « cancérigènes possibles » en Europe ou aux Etats-Unis, a indiqué l’association, huit seraient par ailleurs suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Et de pointer principalement les fongicides pyrimethanil, tebuconazole et triadimenol. « On voit bien qu’il y a urgence pour les salariés viticoles », a commenté Générations futures qui réclame une meilleure reconnaissance des maladies liées aux pesticides par la Mutualité sociale agricole (MSA), l’interdiction des molécules les plus dangereuses et l’application « réelle » du plan Ecophyto. « Il faut que les indicateurs descendent, il faut un plan clair au niveau national et communautaire », a souligné François Veillerette.

Des travaux sans caractère scientifique

Cinq personnes vivant près des vignes (à 250 mètres) ont par ailleurs été également examinées : les résultats montrent un degré d’exposition aux pesticides 5 fois supérieur à celui des personnes vivant très éloignées de ces mêmes vignes. Cependant, l’association reconnaît l’absence de portée scientifique de son enquête, faute, notamment, d’échantillon significatif. Elle entend néanmoins continuer à alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur la question des susbstances phytosanitaires; elle devrait se manifester à l’occasion du Salon international de l’agriculture( SIA), a-t-elle prévenu.
Selon l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), cette étude « a pour vocation de jouer la carte de la peur pour faire entendre, comme chaque année à l’occasion du SIA, la voix de Générations Futures ». Le syndicat rappelle que l’utilisation de pesticides en région viticole « n’est pas un scoop, car ils sont utiles pour sécuriser les vendanges ».

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