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Biocarburants de seconde génération Une essence de haute qualité d'origine végétale en voie d'industrialisation

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La production d'une essence à haute performance et d'origine végétale est en voie d'industrialisation. La société française de biotechnologies Global Bioénergies a annoncé le 21 janvier, aux 15 ans du Génopole d'Évry, la signature d'un contrat d'industrialisation avec le constructeur automobile allemand Audi.

AUX 15 ans du Génopole d'Évry, premier « cluster » français dédié à la recherche en génétique et aux biotechnologies appliquées à la santé et à l'environnement, Marc Delcourt, président-fondateur de Global Bioénergies, a présenté son projet d'industrialisation de bio-isooctane, une essence à haute performance, à partir des sucres tirés des végétaux. Il a ainsi annoncé un partenariat avec Audi.

L'isooctane, issu de l'isobutène, lui-même issu de la fermentation des sucres, « ne présente pas les inconvénients de limite de mélange et d'autonomie réduite du véhicule inhérents à d'autres biocarburants tels que l'éthanol », a expliqué Marc Delcourt, dont l'entreprise de biotechnologies, fondée en 2008, est hébergée sur le bio-parc du Génopole. L'isooctane est très riche en octane, qui donne au carburant un pouvoir anti-détonant, autrement dit une pression constante sur le piston.

Deux pilotes : l'un en France, l'autre en Allemagne

Dans ce partenariat d'industrialisation, Audi apportera son expertise de constructeur pour la fabrication de cette essence à haute performance, et mettra par exemple à disposition de Global Bioénergies ses bancs d'essais moteurs. Global Bioénergies apportera sa connaissance de la fermentation des sucres et l'adaptera aux demandes très précises d'Audi.

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Parmi les paramètres clés pour qu'Audi investisse dans les biocarburants, figure « la nécessité d'utiliser des ressources qui n'entrent pas en compétition avec la production alimentaire ». Autrement dit des pailles, tiges et résidus forestiers, substrats cellulosiques dont Global Bioénergies fera fermenter les sucres en isobutène.

Marc Delcourt a précisé que deux sites pilotes vont prochainement produire cet isobutène d'origine végétale en utilisant la technologie de Global Bioénergies : l'un à Pomacle près de Reims, pour une mise en service prévue au second semestre 2014. L'autre à Leuna dans l'est de l'Allemagne, pour une mise en service prévue un an plus tard, qui desservira Audi en quantités suffisantes pour effectuer des essais avec de l'isooctane d'origine végétale. Le pilote de Leuna a bénéficié d'une subvention de 5,7 millions d'euros du ministère allemand de la Recherche.

Dans le domaine de la recherche, « la France a une culture de défricheurs et de pionniers, l'Allemagne a une culture d'industriels », a fait remarquer Marc Delcourt à cette occasion.