Le CEP (ministère de l’Agriculture) souligne les difficultés techniques et économiques de la production de viande in vitro, tout en évoquant la possibilité de « la formation d’un front d’opposition à ces biotechnologies ».
Le CEP (ministère de l’Agriculture) souligne les difficultés techniques et économiques de la production de viande in vitro, tout en évoquant la possibilité de « la formation d’un front d’opposition à ces biotechnologies ».
Procédés, modèle économique, cadre juridique ou encore acceptabilité sociale : dans une étude parue le 21 mai, le Centre d’études et de prospective (ministère de l’Agriculture) souligne les « incertitudes considérables » liées à la production de viande in vitro. « Un certain flou entoure les technologies choisies et les résultats obtenus à l’échelle pré-industrielle », écrit le CEP. L’auteur pointe notamment les difficultés techniques pour faire passer les bioréacteurs à l’échelle industrielle. Idem pour le milieu de culture, actuellement obtenu à partir de sérum fœtal bovin qui apporte les hormones et facteurs de croissance nécessaires à la multiplication des cellules souches. Une source synonyme de « problèmes éthiques », car « il faut abattre des vaches gestantes ». S’en passer « semble possible », mais « les publications scientifiques sur le sujet restent rares ». Et, rappelle le CEP, « l’utilisation d’hormones et de facteurs de croissance est interdite en Europe pour l’élevage ».
Manque de modèle économique
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
S’agissant des lignées de cellules souches, le recours aux OGM serait sur la table pour pouvoir « aller au-delà de 50 générations et tirer parti du potentiel de croissance exponentielle des cellules ». Une option « controversée, mais tentante pour contourner certaines impasses techniques et gagner la " course au marché " ». La réticence de certains consommateurs et « la survenue d’accidents de production, et plus largement la documentation d’effets inattendus » pourraient, selon le CEP, « précipiter la formation d’un front d’opposition à ces biotechnologies ».
Côté économique, le ministère souligne que la plupart des quatre-vingt acteurs aujourd’hui recensés « se positionnent sur le créneau des " viandes hachées ", faiblement structurées ». Un segment « où le prix est le déterminant principal de la décision d’achat », rappelle le CEP. « Le scénario de remplacement de la viande naturelle n’a alors que peu de chances d’advenir si la parité [avec le prix de la viande issue d’animaux vivants] n’est pas approchée. » Ce rapport vient apporter de la substance aux récentes déclarations du ministre Julien Denormandie contre la viande in vitro. Réagissant à la première autorisation de commercialisation accordée à Singapour (1), le locataire de la Rue de Varenne avait tweeté le 2 décembre : « Je le dis clairement : la viande vient du vivant, pas des laboratoires ».
(1) Voir n°3769 du 07/12/2020