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Appellation/Enquête Une étude européenne pour y voir plus clair sur l’appellation montagne

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Fortement apprécié des consommateurs qui y trouvent des valeurs de pureté, de simplicité et d’authenticité, le terme « montagne » est utilisé de manière différente par l’industrie agroalimentaire dans les différents pays européens. Pour mieux encadrer son emploi dans les productions agroalimentaires, l’Union européenne a fait réaliser une étude afin d’y voir un peu plus clair.

À l’heure où l’Union européenne entend mieux contrôler l’emploi du terme « montagne », elle a commandé une étude pour faire le point sur la situation actuelle de l’usage de cette nomination. La situation est fortement contrastée selon les pays du vieux continent. Dans certains d’entre eux, aucune législation ou définition ne vient encadrer l’emploi du terme alors qu’en France, en Suisse, en Italie et dans certaines régions d’Espagne, par exemple, les produits estampillés « montagne » doivent répondre à un certain nombre de critères liés à leur origine. Dans une vaste étude consacrée aux produits de montagne (1), les auteurs se livrent à un tour d’horizon des pratiques en termes d’utilisation du terme « montagne » et des mots approchants. En scannant ainsi les marques et les dénominations en vigueur sur le continent européen, ils mettent en évidence la prégnance du terme montagne dans les productions, principalement dans le domaine de la viande, des produits laitiers et des fruits et légumes… Au-delà de l’utilisation du mot « montagne », très courant, le recours à la toponymie (Tyrol, Alpes, Pyrénées, Carpates…) est assez fréquent pour ancrer un produit dans son origine. De nombreuses mentions indirectes sont aussi utilisées par les industriels de l’agroalimentaire, soit par des références culturelles liées à la montagne (Heidi en Suisse) ou en Espagne le recours au terme « Serra » ou « Sierra » sur l’olive ou les produits de porcs non ibériques, ou bien encore, note l’étude, l’emploi des termes Val ou Valle en Italie. Les auteurs remarquant d’ailleurs que ce sont les références indirectes qui sont les plus utilisées lorsque les produits ont un lien particulièrement distendu avec la montagne, ou pour couvrir des produits génériques.

Usages abusifs

Ils ajoutent par ailleurs que les usages « abusifs » sont finalement assez peu courants. Cependant, une autre étude (Aubard and Olivas Caceres 2012), partielle, portant sur 138 marques, montre que le phénomène n’est pas rare. Ainsi, 25 % des marques étudiées n’avaient aucun lien, ou de façon très marginale, avec la montagne, le reste étant en lien partiel mais important (23 % des cas) ou correspondant parfaitement à la définition d’une protection de l’origine (41 %). En cherchant dans les bases de la propriété intellectuelle, les auteurs ont recensé plus de 8 800 marques européennes contenant une référence directe à l’origine montagne, 31 % des cas pour ce terme spécifique. Mais ils précisent que ce relevé n’est pas exhaustif, la protection des marques étant surtout l’apanage des grands groupes plutôt que des petites PME du secteur. Reste maintenant, pour compléter le dispositif, à préciser les règles de l’origine. Comme concluent les auteurs, il va falloir faire preuve de discernement, production par production, pour établir ce qui peut bénéficier du terme « montagne» tout comme il va falloir mettre de l’ordre dans les marques existantes, au moins en sanctionnant les usages abusifs ou frauduleux.
 
(1) Fabien Santini, Fatmir Guri, Sergio Gomez y Paloma Labelling of agricultural and foodproducts of mountain farming 2013

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