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Réchauffement climatique Une étude mondiale met en exergue les bienfaits de l’agrochimie

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Alors que pays développés et pays émergents s’efforcent d’accorder leurs positions en vue de la Conférence de décembre à Copenhague sur le climat, l’industrie chimique a commandité une étude mondiale qui s’efforce, avec une nécessaire prudence, de mettre en évidence et de chiffrer les économies nettes en émissions de gaz à effet de serre que permet l’utilisation de ses produits, notamment ceux de l’agrochimie. A l’opposé, l’agriculture biologique fait valoir son potentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Réalisée par le consultant McKinsey, une vaste étude commanditée par le Conseil international des associations de l’industrie chimique (ICCA), dont est membre le Cefic (Conseil européen de l’industrie chimique), conclut que les produits issus de ce secteur permettent des économies de gaz à effet de serre deux à trois fois plus importantes que ses propres émissions. L’agrochimie se situerait au second rang des sous-secteurs de la chimie qui engendrent le plus d’économies.
L’étude, dont les données et résultats ont été contrôlés par l’Institut Öko (Allemagne), spécialiste des questions d’environnement, prévoit que, d’ici 2030, ce ratio d’économies de gaz à effet de serre pourrait atteindre plus de quatre pour un, moyennant certaines initiatives de l’industrie et des pouvoirs publics.
En 2005, sans les produits chimiques, les émissions de gaz à effet de serre auraient été, dans le monde, supérieures de 8 à 11 % à ce qu’elle ont été, affirment les auteurs de l’étude.

Plus de rendements, moins de terres affectées
« C’est tout d’abord en évitant des changements d’affectation des terres que l’agrochimie permet des économies de CO2, grâce à l’augmentation des rendements », précise l’étude commanditée par l’industrie chimique. « Dans cette analyse, les effets de l’emploi d’engrais et de produits phytosanitaires sur les émissions ont été combinés pour tenir compte de la synergie entre ces produits. Comme référence, nous avons pris l’agriculture biologique. (Il faut noter que l’étude considère l’agriculture dans la seule perspective des émissions de gaz à effet de serre, et ne tient pas compte d’autres effets sur l’environnement liés à cette activité, tels que la nitrification, la consommation ou la biodiversité) ».

Coût CO2
« Si les engrais et les produits phytosanitaires n’étaient pas disponibles, le rendement agricole chuterait fortement - de 30 à 85 % selon le type de culture, le sol, la technologie et la zone climatique », poursuit l’étude de McKinsey.
« Pour cette analyse, le milieu de cette fourchette a été retenu, soit une baisse de rendement de 50 %. Pour obtenir les mêmes récoltes avec ce rendement plus faible, le double de terres serait nécessaire. Le coût en CO2 de l’utilisation de ce supplément de terres résultant de la libération du carbone fixé par la végétation et le sol (serait), pour être prudent, d’au moins 1,5 tonne de CO2 par ha de prairie pérenne aux Etats-Unis ».

Des chiffres et de la prudence
« Dans les calculs, l’attention s’est portée sur les cinq cultures les plus importantes (maïs, riz, soja, canne à sucre et blé), qui concernent 56 % de l’utilisation globale de produits agrochimiques », souligne l’étude financée par l’industrie chimique. « Ces cinq cultures emploient 600 millions d’ha de terres arables (FAO, 2006). La conversion vers l’agriculture biologique pour toutes les cultures nécessiterait donc un supplément de 1,1 milliard d’ha. Sur la base de 1,5 tonne par ha, ceci signifie 1,6 milliard de tonnes d’émissions de CO2 épargnées grâce à l’utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires ». Ces calculs « concernent uniquement l’impact des engrais chimiques et produits phytosanitaires sur les gaz à effet de serre », insistent les auteurs de l’étude. « D’autres facteurs significatifs sur le plan écologique n’ont pas été pris en compte dans l’analyse. Nous avons supposé que le type et le volume de produits disponibles pour les populations restent constants et que, donc, le modèle de consommation ne change pas. Si la société modifie ses modes de consommation, par exemple réduit sensiblement la part de la viande dans son régime alimentaire, la production alimentaire pourrait alors avoir un impact plus faible en termes de gaz à effet de serre qu’avec le modèle de consommation actuel ».

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