Abonné

Tabac Une étude prône le maintien des aides directes aux tabaculteurs jusqu’en 2013

- - 3 min

Financé par le Parlement européen, un long rapport réalisé par des chercheurs allemands, grecs et italiens plaide, « si les conditions politiques le permettent » pour le maintien d’une aide directe aux tabaculteurs quelques années encore. Celle-ci pourrait, comme cela se fait en Suisse, être financée par le biais d’une taxe sur les fumeurs.

Face à la difficulté, pour les producteurs concernés, de trouver des cultures alternatives à celle du tabac, l’Union européenne devrait maintenir quelques années supplémentaires les aides ciblées sur ces exploitations, le plus souvent très petites et familiales. Cela donnerait suffisamment de temps aux exploitations peu rentables de se retourner vers d’autres activités, indiquent en substance les auteurs de l’étude sur « les productions alternatives et durables pour les zones tabacoles de l’Union européennes ».
Ce travail, réalisé par des universitaires allemands, grecs et italiens, pour le compte du Parlement européen, souligne que, dans l’hypothèse d’une prolongation des aides directes à leur niveau actuel, 79 042 tabaculteurs seraient maintenus en activité dans l’économie agricole soit au total entre 245 000 et 290 000 emplois. Quelque 11 895 tabaculteurs doivent « de façon urgente » se diversifier.

Alternatives complexes
Les alternatives à la culture du tabac sont complexes, indiquent les experts, étant donné les contraintes suivantes : la nécessité de trouver des productions très rentables sur de petites surfaces ; l’exigence de solides perspectives de marché pour réaliser les investissements ; le besoin des cultures à haute intensité de main d’œuvre, notamment féminine ; la recherche de solutions réalistes pour des zones relativement pauvres ; et enfin l’exclusion de toute alternative ayant un impact environnemental négatif.
Dans ces conditions, le rapport préconise le maintien de la production de tabac en Bulgarie, en Roumanie et dans une moindre mesure en Pologne. Les efforts de diversification devraient se concentrer rapidement sur la France, l’Allemagne, la Hongrie et certaines régions de Pologne plutôt que sur les producteurs des pays méditerranéens.
Toutefois la culture de la Stevia, recherchée pour ses capacités édulcorantes, pourrait être développée en Grèce, en Italie, au Portugal et en Espagne, même s’il semble que des intérêts industriels s’y opposent pour le moment. De façon plus générale, une combinaison de différentes productions végétales pourrait être envisagée, les meilleures pistes étant semble-t-il l’horticulture, la production fruitière ou légumière.
En attendant, le financement d’une aide pour maintenir à flot le secteur tabacole pourrait être obtenu par le biais d’une nouvelle taxe sur les cigarettes. L’idée n’est pas complètement nouvelle : elle est appliquée, depuis 1995, en Suisse, précise le rapport. Cette taxe permettrait de dégager entre 1,7 et 3,4 milliards d’euros si elle se situait entre 5 et 10 centimes d’euros par paquet de 20 cigarettes. Les crédits ainsi dégagés pourraient être affectés notamment au maintien de la production européenne de tabac, au financement de campagnes anti-tabac et à la lutte contre la contrebande.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Parlement européen
Suivi
Suivre