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Pluralisme Une évacuation de la Confédération paysanne en douceur et en chanson

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Après cinq semaines d’occupation de la Maison du lait, siège de l’interprofession laitière, pour en forcer l’entrée, la Confédération paysanne s’est fait expulser le 14 octobre par la gendarmerie mobile, dans le calme et en chanson. Les trois grévistes de la faim, évacués par les pompiers, poursuivent leur grève de la faim au siège du syndicat. Bruno Le Maire a proposé comme sortie de crise une réunion entre les syndicats agricoles représentatifs pour « permettre d’initier une démarche de dialogue » selon son entourage. Rendez-vous est fixé le 18 octobre.

«On est chez nous, on reviendra si jamais ils ne cèdent pas… La FNSEA, fais gaffe à toi car c’est la fin de ton diktat ! », chantaient les 40 militants de la Confédération paysanne lors de leur évacuation dans le calme de la Maison du lait par la gendarmerie mobile. L’objectif de cette occupation était d’obtenir l’entrée des syndicats minoritaires dans l’interprofession où seule la FNPL siège, alors que tous les agriculteurs cotisent. « Tous cotisants, tous représentés, tous défendus ! », a été le mot d’ordre des militants. La justice avait ordonné au syndicat de quitter les lieux le 8 octobre. Le 14 octobre, la Confédération paysanne sortait « la tête haute », selon l’expression de Philippe Collin, le porte-parole du syndicat, de cinq semaines d’action. Une action inédite par sa durée et ses modalités dans le combat des minoritaires pour le pluralisme syndical. La proposition de sortie de crise du ministre Bruno Le Maire n’est pas étrangère à l’ambiance bon enfant de cette évacuation. « Le ministre mettra en place un lieu de rencontre entre les organisations syndicales représentatives pour dialoguer conjointement sur les innombrables problèmes qui se posent aujourd’hui en agriculture après plus de 35 ans de cogestion et de restructuration incessante des exploitations », a commenté Philippe Collin devant la Maison du lait, entouré de gendarmes mobiles.

Faire bouger les lignes

Le ministre qui avait refusé pendant près de 20 jours de s’emparer du dossier a fini par proposer une sortie de crise. Une réunion entre les syndicats agricoles représentatifs (FNPL, Confédération paysanne, Coordination rurale et Jeunes agriculteurs) sous son égide est programmée lundi 18 octobre. Elle « doit permettre d’initier une démarche de dialogue », indique son entourage. Sans dialogue, il est impossible de faire bouger les lignes de l’interprofession, pense le ministre qui ne veut pas d’une décision politique. Il s’en est expliqué lors des questions au gouvernement du 13 octobre, interpellé par le député vert Yves Cochet. « Ouvrons le dialogue à la Maison du lait, prenons un certain nombre de sujets, comme le prix du lait, l’organisation des contrats, l’avenir de la politique agricole commune et discutons ensemble de ces sujets, suivant un calendrier qui doit se clore en mars prochain, a-t-il souligné. Et en mars prochain, sur la base de ces discussions, j’ose espérer que le dialogue qui se sera conduit dans le cadre de la Maison du lait, aura permis de débloquer les choses et de montrer que le dialogue est préférable à la confrontation actuelle ».
Après cette première réunion, la balle sera dans le camp des syndicalistes. A eux de continuer ou non ces rencontres. Le ministre les invite à se prendre en main. « La confiance est indispensable pour aller plus loin », souligne l’entourage du ministre. « Plus loin », mentionne évidemment l’entrée des minoritaires dans les interprofessions. Le ministre ne s’engage pas jusque-là. « Ce n’est ni facile, ni immédiat mais on pense que c’est possible », confiait le cabinet du ministre.
Les trois grévistes de la faim qui jeûnent depuis 18 jours sont plus déterminés que jamais. Ils continuent leur grève au siège du syndicat à Paris pour faire pression et obtenir plus que cette seule réunion, confiait André Bouchut, secrétaire national. « L’entrée de la Confédération paysanne dans l’interprofession est inéluctable », a expliqué Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, devant la Maison du lait. Sans doute, mais le calendrier est encore flou.

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