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Une filière légumineuse se structure dans le Grand Ouest

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L’association Léggo rassemble les acteurs de l’amont à l’aval de la filière des légumineuses à graines dans le Grand Ouest. Objectif : 10 000 ha supplémentaires d’ici à quatre ou cinq ans.

« Il ne s’agit pas de vouloir produire avant de connaître les besoins de nos débouchés », déclare Jean-René Menier, président de Léggo. Léggo pour Légumineuses à graines Grand Ouest : cette association, créée en mai, a (presque) le même nom que le célèbre jouet danois mais partage surtout l’idée de construction. Les chambres d’agriculture de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire, qui en sont à l’origine, expliquent que la région « s’organise collectivement pour relocaliser le marché des protéines végétales » en alimentation humaine. Leur projet est de soutenir la croissance d’une filière de légumineuses (pois, féverole, lupin, lentille, pois chiche, soja, haricot sec), sur le plan technique et commercial. D’autres acteurs de l’amont à l’aval continuent de les rejoindre au sein de l’association, forte de 27 membres. La stratégie nationale sur les protéines végétales lui donne un coup d’accélérateur. À l’instar du plan lancé en décembre par le ministère de l’Agriculture, Léggo se fixe un objectif de surfaces : 10 000 ha de légumineuses à graines supplémentaires dans le Grand Ouest à l’horizon de quatre/cinq ans, répartis sur plus de 2 000 exploitations.

Concilier l’offre et la demande

La région Grand Ouest compte aujourd’hui 40 500 ha de légumineuses à graines, soit près de 10 % de la production française. Problème, d’importants volumes sont importés. 157 000 t de légumineuses à graines rentrent chaque année dans l’Hexagone, soit l’équivalent d’environ 70 000 ha, souligne Jean-René Menier, qui est aussi élu de la chambre d’agriculture de Bretagne. « Notre expérience des Projets alimentaires territoriaux montre un décalage entre ce qu’on produit et ce dont la restauration collective a besoin », dit-il. Exemple, les lentilles comptent 5 ou 6 variétés françaises contre 75 canadiennes, d’où une palette moins large que la concurrence. Léggo permet de réunir tous les acteurs pour faire correspondre l’offre et la demande. Plusieurs réflexions sont menées, notamment sur des recettes à bases de légumineuses. La contractualisation est une piste qui doit « permettre au minimum de stabiliser le prix au producteur », selon Jean-René Menier. Par ailleurs, un comité technique et scientifique convie, par exemple, l’institut technique Terres Inovia à plancher sur le choix des variétés en fonction des territoires, ou l’Inrae sur le cracking des produits.

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Léggo s’organise autour de cinq collèges. Celui des producteurs regroupe les trois chambres d’agriculture. « Près de 85 % » des organismes de collecte du Grand Ouest concernés par les légumineuses sont rassemblés dans un autre collège. S’y ajoutent ceux des transformateurs (Valorex, Nat’Up, Terrena…) et, en cours de construction, ceux des distributeurs, des restaurateurs.

« S’organiser collectivement pour relocaliser le marché »