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Éco-Emballages Une hausse des contributions au service de la formation et de l’innovation

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En relevant cette année de 25% les fonds perçus auprès des industriels, l’éco-organisme du recyclage entend d’une part permettre un meilleur financement du tri sélectif supporté par les collectivités locales, et d’autre part offrir un véritable suivi pédagogique de l’évolution des process en amont. Avec un budget de près de 550 millions d’euros pour 2010, la prévention est au coeur de ses missions auprès des entreprises.

Avec de bons résultats 2009 sur la part des emballages recyclés, et poussés par le Grenelle de l’Environnement, les industriels français s’attachent à placer la barre encore plus haut dans les années à venir. Pour 2012 le taux de recyclage des emballages ménagers est fixé en France à 75% quand l’Europe plafonne aujourd’hui à 55%. Dans cette dynamique l’organisme Éco-Emballages a décidé une hausse de 25% du barème de contribution des entreprises dès le 1er janvier 2010. En effet avec une constante augmentation du nombre de produits recyclés depuis 2004, les ressources allouées aux collectivités locales (Éco-Emballages leur reverse 93% des contributions perçues auprès des industriels) ont rapidement été avalées par le surcoût d’un tri sélectif plus performant et plus technique. Représentant 75% des contributions perçues par Éco-Emballages à hauteur de 284 millions d’euros, le secteur agroalimentaire est le premier concerné, d’autant que cette nouvelle politique est assortie d’une redéfinition des critères du barème en y associant la notion d’ « emballages perturbateurs » pour lesquels la contribution sera majorée de 20%. Afin de laisser le temps aux industriels de s’adapter, cette « liste rouge » de matériaux à bannir est déjà disponible en ligne mais ne sera appliquée qu’au 1er janvier 2011 ; la constitution d’une seconde liste – « orange » – prévient toutefois du sérieux avec lequel Éco-Emballages entend mener les filières vers un régime plus drastique : ces derniers matériaux ne sont pour l’instant que surveillés et seront pareillement pénalisés en janvier 2012.

Mesures incitatives
La sévérité de ces mesures n’exclut pas un travail de pédagogie mené par Éco-Emballages. Avec un système de contribution au poids différenciée par matériaux et en en surtaxant certains, l’organisme incite les industriels à simplifier et réduire la prolifération des emballages dans l’agroalimentaire. En amont de la chaîne du recyclage, Éco-Emballages s’attache à former et informer les industriels dès la production des emballages en y intégrant les notions d’éco-conception du Point Vert. C’est tout le système qui se voit redéfini à travers des partenariats transversaux entre les industriels, les étudiants (Esiec de Reims par exemple) et les ingénieurs et inspecteurs d’Éco-Emballages, l’objectif étant d’aider les entreprises à gagner en efficience environnementale. Le département Service aux Entreprises de l’éco-organisme se dotera cette année d’une direction de la prévention pour piloter les nombreux services qui sont déjà proposés aux industriels. Les diagnostics délivrés par le Cotrep (Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques) et le Cerec (Comité d’évaluation de la recyclabilité des emballages papier-carton ménagers) permettent aux entreprises de soumettre en toute confidentialité de nouveaux projets d’emballages dont le taux de recyclage sera mesuré et noté. Avec le logiciel BEE (Bilan environnemental des Emballages, qui calcule de façon sommaire et rapide l’impact écologique d’un emballage) ou avec des ACV (analyse de cycle de vie) le but est d’accompagner les entreprises dans la mise en place de process industriels « vertueux » sans perte de compétitivité pour leurs produits. Au-delà, en réunissant les équipes marketing et les ingénieurs packaging lors de formations à l’éco-conception, Éco-Emballages soutient activement la recherche de solutions inventives pour garantir un emballage écologique qui n’en torpille pas les qualités marketing.
Aussi Éco-Emballages se place au centre névralgique d’une révolution verte sensée rationaliser les techniques industrielles en bouclant au plus serré le recyclage des packagings, alimentaires notamment. Les recettes dégagées par cette nouvelle hausse de la contribution vont servir à financer la formation à l’éco-conception, et garantir aux entreprises un retour sur investissement quantitatif parce qu’éviter les “emballages perturbateurs” minore la facture, et qualitatif parce que la labellisation Point Vert joue sur l’attractivité et l’image de marque perçues par les consommateurs. Initiée conjointement par les pouvoirs publics et les industriels dans les années 1990, l’action constante d’Éco-Emballages a permis à la France de prouver a minima qu’un secteur peut gagner à mener un recyclage ambitieux. Fort de ces progrès, ce sont 6 millions d’euros qui sont alloués cette année à la R&D toujours dans cette optique d’accompagner et de responsabiliser les industries dans le recyclage de leurs produits.

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