La plupart des organisations agricoles se sont exprimées dès la présentation de la proposition d’OCM. En général, les réactions sont plutôt négatives et appellent à d’importantes modifications du texte (lire aussi p. 6). Les entreprises aval de la filière font exception.
– Copa-Cogeca : rejet de l’OCM
Le Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (COPA) et la Confédération générale des coopératives agricoles de l’UE (Cogeca) « rejettent en l’état la proposition de la commission parce qu’au moment où la filière vitivinicole a besoin d’être dynamisée, la commission propose de démanteler l’OCM pour créer dans l’Union européenne un modèle viticole copié sur celui du nouveau monde ». Le COPA et la COGECA insistent sur la nécessité de défendre et de préserver la culture et les meilleures traditions de la viticulture européenne.
– Producteurs de vins AOC d’Europe : «une copie à revoir»
Les producteurs de vins à appellation d’origine de France (Cnaoc), Espagne (Conferencia), Italie (Federdoc) et Portugal (IVDP, ANDOVI) demandent à la commission européenne de «revoir sa copie» dans un communiqué commun. Les reproches portent sur une « définition trop vague » de l’appellation d’origine : « l’origine des raisins suffirait à conférer l’appellation d’origine indépendamment du lieu de transformation des raisins en vin ». En cause également : la libéralisation des droits de plantation et la faiblesse des fonds alloués à la promotion des vins français. Les producteurs se disent « surpris » par la proposition d’un « budget limité de 120 M d’euros pour la promotion dans les pays tiers et un budget ridicule de 3 M d’euros pour la promotion au sein de l’UE ». D’autre part, selon eux, « il est inconcevable de permettre aux marques dites notoires de s’opposer à l’enregistrement d’une appellation d’origine et de refuser cette possibilité aux appellations d’origine notoires ».
- CPE : « de graves conséquences pour l’emploi »
La Cooordination rurale européenne (CPE) rappelle son désaccord avec le texte dans un communiqué du 1 er juillet. « En proposant à la fois un arrachage indifférencié de 7 % du vignoble et la suppression totale des droits de plantation à partir de 2013, la commission abandonne toute volonté de régulation, au profit d’une restructuration favorisant un nombre réduit de grosses structures de production soit disant performantes. Une telle politique aurait de graves conséquences pour l’emploi (viticulteurs et salariés de coopératives) et irait donc à l’encontre du développement rural, pourtant mis en avant par la commission », écrit la CPE dans un communiqué du 1 er juillet.
– CEVI : « une réponse partielle »
Pour la Confédération européenne des vignerons indépendants, « la Commission apporte une réponse partielle aux attentes du secteur européen ». La réforme « oublie en chemin la protection du savoir-faire des vignerons européens » sur deux points essentiels : les vins à appellations ne peuvent « souffrir de la libéralisation des droits de plantation », « la reconnaissance des petites entreprises indépendantes doit être véritablement marquée ». En revanche, la CEVI soutient « le redéploiement de la majorité du budget vers les enveloppes nationales » qui permettront à chaque état membre « de disposer de financements importants pour établir ses priorités ». Pour la calcul de l’enveloppe, la CEVI estime que le « critère de référence historique doit être supprimé ».
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– Modef : pour un « plan national de sauvegarde »
S’exprimant sur les mesures d’arrachage prévues par l’OCM, le Modef (Confédération nationale des syndicats d’exploitants familiaux) déclare ne pouvoir « accepter une telle casse économique qui va occasionner d’énormes dégâts économiques, sociaux et humains ». Par courrier du 5 juillet, le MODEF demande au premier ministre « la tenue d’un sommet de la viticulture française pour la mise en place d’un plan national de sauvegarde et de dévelopement de la viticulture française ».
– Confédération paysanne : conception agricole et industrielle s’affrontent
Pour la Confédération paysanne, les débats s’affrontent sur deux conceptions différentes du vin : une conception agricole et tradtionnelle à laquelle la France est attachée et une conception industrielle qui veut pouvoir mobiliser sans contrainte les progrès techniques et l’usage des produits de synthèse pour « arranger » le vin et en réduire les coûts de production tout en bénéficiant d’une grande liberté commerciuale. Le syndicat souhaite « infléchir un projet » qui créera du chômage chez les viticulteurs et les; ouvriers agricoles et une immense friche dans les terroirs.
– AGEV : un accueil favorable
L’Association générale des entreprises viticoles, qui représente l’ensemble des entreprises de l’aval de la filière vinicole française, fait exception en approuvant la proposition de l’OCM « qui constitue une solide base de négociation pour permettre aux entreprises et aux vins français d’être compétitifs tant sur le marché intérieur que sur les marchés extérieurs ». Cependant, l’AGEV « considère que les vins AOC doivent pouvoir gérer leur potentiel de production, y compris en ce qui concerne les plantations nouvelles dans le cadre interprofessionnel ». Elle regrette également « l’absence d’une véritable stratégie commerciale extérieure européenne proactive et ambitieuse ».