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Colloque Une journée d’échange sur la luzerne en grandes cultures biologiques

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La luzerne en systèmes de grandes cultures biologiques présente de nombreux avantages. Mais des freins restent à lever pour conduire sereinement cette culture dans la rotation.

La luzerne serait-elle une plante miracle ? En production biologique, la luzerne semble promise à un bel avenir, à condition de savoir en tirer tous les avantages, tant agronomiques qu’énergétiques, et à condition de lui assurer un débouché. Telle était l’idée défendue et explicitée par l’IItab, l’institut technique de l’agriculture biologique, le 13 juin, à l’occasion d’une journée technique organisée par Arvalis et l’Itab sur ce sujet, dans le Val d’Oise.
Miracle, car cette légumineuse pérenne est capable d’améliorer la structure du sol, mais aussi, comme le confirment des essais à long terme de l’Inra, de capter l’azote de l’air et de le restituer, par un effet de rémanence à la culture suivante, voire à une seconde culture suivante. Mais attention, récolter de la luzerne et la transformer pour en faire un produit de fertilisation, semble nettement moins intéressant d’un point de vue agronomique et économique, selon les essais menés par Arvalis. La luzerne est aussi un excellent fourrage pour animaux. Elle peut donc être récoltée et vendue sous forme de foin par les producteurs, mais aussi déshydratée. Alors que l’Europe a longtemps soutenu la déshydratation de la luzerne, aujourd’hui, cette filière n’est plus subventionnée directement.

Déshydratation, l’un des débouchés

Mais elle a fait des économies d’énergie, plaidait Josselin Andurand, ingénieur procès chez Coop de France déshydratation en réduisant de 60 % en 30 ans l’énergie consommée par tonne séchée. Recette : un pré-séchage au champ et une amélioration des process.
L’avantage de livrer à une coopérative de déshydratation, est aussi que l’agriculteur n’a aucun travail supplémentaire à fournir : les coopératives prennent en charge la luzerne dès la récolte et jusqu’à la commercialisation. Le débouché de la valorisation par déshydratation se développe également, sur un tout autre modèle, avec le séchage en grange à la ferme.
La question de l’utilisation et de la conduite de la luzerne se pose particulièrement pour les systèmes céréaliers biologiques qui n’ont pas d’atelier élevage, donc pas d’engrais organiques dans leur système. La gestion de cette précieuse alliée de la fertilité y est importante. « En production de grandes cultures biologiques, la luzerne a différentes valorisations possibles, qui sont en train d’évoluer », expliquait Bénédicte Rebeyrotte, du Groupement d’agriculture bio d’Ile-de-France. « Elle occupe 10 % de la surface agricole utile bio d’Ile-de-France », selon les chiffres du Gab. Deux tiers des céréaliers bio vendent la luzerne sous forme de foin à des éleveurs, tandis qu’un tiers la vendent aux trois coopératives du territoire ou de l’unité de séchage –transformation en granulés d’Ile-de-France. « Un tiers des céréaliers bio n’ont pas de luzerne dans leur rotation. Pour certains, c’est parce qu’ils n’ont pas trouvé de débouché », a expliqué Bénédicte Rebeyrotte. Mais certaines coopératives de déshydratation du Bassin Parisien sont en train de réfléchir à l’élargissement de leur périmètre de collecte.

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