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FNSEA Une mobilisation en forme d’interpellation de Nicolas Sarkozy

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« Sarkozy, notre agriculture a un prix ! ». Tel est le slogan choisi par la FNSEA pour sa mobilisation du 16 octobre. Visiblement, la « sortie » de Nicolas Sarkozy sur les aides traditionnellement accordées à la demande de la FNSEA a du mal à passer. « C’est un coup de poignard et une formulation extrêmement choquante », a souligné Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le 24 septembre. Cette mobilisation est associée à une longue liste de revendications. Jean-Michel Lemétayer a réaffirmé « la nécessité d’une année blanche pour toutes les productions ».

Le hasard du calendrier a voulu que la FNSEA fasse l’annonce d’une forte mobilisation le 16 octobre au même moment où des concurrents syndicaux (Coordination rurale et l’Apli via l’EMB) décidaient de stopper leur mouvement de grève du lait. Une action à laquelle la FNSEA s’est opposée sur le principe, sans réussir à trouver une réponse syndicale à ses adhérents qui sur le terrain ont rejoint les grévistes. Positif, le leader de la FNSEA admet que « la FNSEA a pu être quelque peu touchée (par cette désaffection : ndlr) dans certains départements très laitiers ». Mais, il n’est pas du genre à regretter. Il ne reconnaît pas d’impact positif à la grève du lait. Selon lui, il n’y a de cause à effets entre la grève et la tenue d’un conseil des ministres européens exceptionnel le 5 octobre.

Un syndicalisme responsable
Le conseil fédéral du 24 septembre, qui regroupe l’ensemble des présidents de fédérations départementales et régionales, n’a donc pas remis en cause la stratégie syndicale de la FNSEA. « La FNSEA demeurera ce syndicat responsable », confirme Jean-Michel Lemétayer. Il admet que « certains des présidents avaient besoin d’être confortés ». La présence au conseil de Bruno Le Maire qui a « repris à son compte les revendications du syndicalisme majoritaire en faveur d’une nouvelle régulation », selon le leader de la FNSEA, a dû en consoler quelques-uns. Mais celui-ci « doit aller bien au delà que la défense de la seule régulation dans le secteur laitier », prévient le responsable agricole.
Pour Jean-Michel Lemétayer, les événements récents « interrogent sur la manière dont la FNSEA est capable de communiquer sur ses engagements ». tout se résumerait à un problème de communication. En ligne de mire : l’accord sur le prix du lait du 3 juin. « Nous n’avons pas su l’expliquer », a-t-il conclu. Il compte sur « une forte mobilisation » le 16 octobre pour reprendre l’initiative d’un point de vue syndical.

Des réponses rapides
La FNSEA et les JA tiennent à ce que leurs revendications à court terme (CF encadré) soient très vite satisfaites afin que « les débats engagés pour préparer la loi de modernisation agricole soient les plus sereins ». Une façon de mettre la pression sur le gouvernement alors que Nicolas Sarkozy a évoqué, le 24 septembre lors de son déplacement à New York pour l’Onu, la « loi d’orientation agricole ». En attendant la réunion du conseil extraordinaire des ministres européens du 5 octobre, la FNSEA et les JA ne participeront plus à une seule commission officielle dans les départements (CDOA par exemple). Une manière de montrer aux pouvoirs publics qu’ils sont tout simplement indispensables.

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