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Manifestation à Paris Une mobilisation « réussie pour peu que les décisions suivent »

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1 500 tracteurs, plus de 10 000 agriculteurs ont convergé à Paris, le 27 avril à l’appel de 14 FRSEA. Une manifestation à l’origine céréalière qui a dépassé les clivages sectoriels. En ligne de mire : le poids des charges dites « françaises » pour les exploitations agricoles ainsi que la politique agricole commune « qu’il faut changer » avant 2013. « Paris doit nous entendre, Bruxelles doit nous comprendre et la France doit agir », a lancé Philippe Pinta, le président d’Orama et de l’AGPB lors du meeting sur la place de la Nation. La balle est dans le camp de Nicolas Sarkozy a déclaré Jean-Michel Lemétayer. Cette mobilisation sera une vraie réussite si elle est suivie par des décisions concrètes du gouvernement explique le syndicaliste.

«Le syndicalisme vit un moment historique », a lancé Philippe Pinta, président d’Orama et de l’AGPB, le 27 avril, lors du meeting de la place de la Nation, suite à la manifestation qui rassemblé pas moins de 1 500 tracteurs et plus de 10 000 manifestants, selon les organisateurs. « Il n’y a jamais eu autant de tracteurs dans Paris », a-t-il ajouté. Cette manifestation dont l’idée a été lancée par les FRSEA des zones céréalières début avril lors du congrès de la FNSEA a largement dépassé les clivages sectoriels. « La situation est extrèmement grave pour toutes nos régions agricoles », a rappelé Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, qui n’avait pas appelé explicitement à cette mobilisation. « Nous sommes là (à Paris) alors que nous avions plus à faire dans nos champs », a expliqué le leader de la FNSEA, le 27 avril lors se sa prise de parole durant le meeting. Cette mobilisation sera une vraie réussite « si elle est suivie par des décisions concrètes du gouvernement », explique le syndicaliste.

La France doit agir
« Paris doit nous entendre, Bruxelles doit nous comprendre et la France doit agir », a lancé Philippe Pinta. Particulièrement visé, le « chef de l’Etat qui décide de tout » selon la formule de Jean-Michel Lemétayer. Déjà, il doit alléger les charges françaises liées à « l’environnement, aux coûts sociaux ou encore au coût du travail », résume le responsable syndical. « Le chef de l’Etat doit soutenir une activité essentielle pour notre pays, résume Jean-Michel Lemétayer. Il faut que nous ayons la même détermination que les Américains ! ». « On passe pour être les meilleurs du monde, en réalité, on est les champions du monde des charges », lance Philippe Pinta qui fustige en passant « les politiques et les fonctionnaires contaminés par l’écologie radicale ». L’ancien ministre Michel Barnier n’est pas oublié par Philippe Pinta qui ironise sur ses qualités de « prophète ». « J’espère qu’il ne gère pas l’Europe comme il a géré l’agriculture », dénonce-t-il en faisait référence au bilan de santé de la Pac. Cette réforme décidée par Michel Barnier a, en effet, pénalisé les céréaliers pour permettre une redistribution des aides de la Pac aux éleveurs à l’herbe. Michel Barnier expliquait à l’époque que les cours de céréales allaient remonter.

Changer la Pac
Philippe Pinta insiste sur le « sérieux de la situation des céréaliers français qui n’ont pas de revenu décent depuis deux années consécutives ». L’image du riche céréalier a la vie dure. Alors que cette mobilisation avait également comme objectif d’alerter le commissaire à l’agriculture Dacian Ciolos de passage à Paris le 28 avril, ce dernier a simplement rappelé « qu’il y a deux ou trois ans, le prix des céréales étaient très élevé. On n’a pas eu de plaintes des céréaliers à cette époque ». L’urgence pour les manifestants se situe donc aussi du côté de Bruxelles et de la Pac. « Je le dis simplement, il faut d’abord changer la Pac et avant 2013, ajoute Jean-Michel Lemétayer. Il ne faut pas attendre 2013 pour mettre de la régulation dans les marchés agricoles ». « S’ils ne se redressent pas, les agriculteurs n’auront pas les moyens de rembourser les prêts (de trésorerie du plan de soutien) en 2011 », prévient-il. Dans un communiqué diffusé le lendemain, Orama rappelait : « Les pouvoirs publics sont maintenant à même de comprendre avec quelle intensité et avec quelle urgence ils doivent réagir. »

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