La réunion interprofessionnelle du 10 juillet qui doit établir une recommandation nationale du prix du lait pour le troisième trimestre s’annonce délicate. En jeu, la flexibilité additionnelle mise en place pour permettre aux entreprises davantage tournées vers les marchés dits des produits industriels (beurre-poudre) de tenir le choc face aux baisses des cours de ces produits, conséquence de la réforme de la PAC de 2003. Aujourd’hui, au regard de l’explosion des cours, les producteurs veulent que cette flexibilité « soit rangée dans sa boîte ».
«Les indicateurs économiques sont au vert et le prix du lait devrait progressivement s’améliorer pour faire face à des charges qui augmentent régulièrement et qui sont en train de faire un nouveau bond important », explique Thierry Roquefeuil, secrétaire général de la FNPL dans Le trait d’union fédéral, journal du syndicat. Alors que la filière laitière doit se retrouver le 10 juillet pour établir la recommandation d’évolution du prix du lait pour le prochain trimestre, la négociation s’annonce plus délicate qu’il n’y paraît. En cause, la flexibilité additionnelle, mise en place pour permettre aux entreprises davantage tournées vers les marchés dits des produits industriels (beurre-poudre) de tenir le choc face aux baisses des cours de ces produits, conséquence de la réforme de la PAC de 2003. Cette négociation du 10 juillet se place dans un contexte d’explosion des cours mondiaux en raison notamment d’un déséquilibre entre l’offre et la demande.
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L’argent du beurre
« La FNPL qui a su prendre ses responsabilités face aux difficultés que rencontrait la filière en son temps, attend maintenant une attitude similaire de la part des fédérations de transformateurs », souligne Thierry Roquefeuil. En clair, cette flexibilité additionnelle est « un outil qui devrait être remis dans sa boîte » dans le contexte où la valorisation du beurre poudre dépasse largement le prix du lait à la production, avance la FNPL. Or pour le 3 e trimestre 2007, la valeur de cet indicateur serait négative car « il manque totalement de réactivité ». Si on suit à la lettre les modalités de l’accord du prix du lait, la hausse des indicateurs liés aux marchés (PGC : produits de grande consommation exportés et produits industriels) qui se situe à environ +12 euros/1000 litres devrait être pénalisée par la flexibilité additionnelle. Le prix du lait serait donc moins bien payé aux producteurs. Une pilule difficile à faire passer dans un climat d’euphorie des cours. Mais tous les transformateurs ne l’entendent pas de cette oreille. Déjà le 29 juin dans un communiqué, la Confédération paysanne appelait « les entreprises à partager les bénéfices avec les producteurs ». « La flexibilité doit disparaître dès la prochaine paie », faisait savoir la Confédération paysanne. Pour la FNPL, la « responsabilité et à la crédibilité des entreprises de transformation est en jeu ». « Tout dérapage ne pourra être que le signe d’une totale rupture dans les relations qui nous lient pourtant depuis toujours », conclut Thierry Roquefeuil. Réponse le 10 juillet.